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image description Activité physique et risque de Maladie de Parkinson
Différentes études ont montré que l’activité physique augmentait les capacités physiques et améliorait la qualité de vie de sujets ayant une maladie de Parkinson. De même, chez l’animal, il semblerait que l’exercice physique forcé soit neuroprotecteur. C’est dans cet esprit que les auteurs de cet article se sont intéressés au travers de deux vastes cohortes américaines, plus de 48 000 hommes et 78 000 femmes, à l’association entre exercice physique et maladie de Parkinson.

Les sujets devaient remplir un questionnaire initial, puis tous les deux ans, afin de recenser leurs antécédents et pathologies en cours, leurs habitudes diététiques et leur mode de vie ainsi que les activités physiques pratiquées. Le suivi a été de 12 ans pour les femmes et de 14 ans pour les hommes. L’activité physique était quantifiée en nombre d’heures par semaine. Les personnes les plus actives étaient souvent celles qui ne fumaient pas ou plus, qui avaient une moindre consommation de café et qui étaient les plus maigres. L’apparition d’une maladie de Parkinson a concerné 253 hommes et 135 femmes. L’âge moyen du premier symptôme était de 69,5 ± 8,5 ans chez les hommes et 64,7 ± 6,1 ans chez les femmes.

Dans la cohorte masculine, la pratique d’un exercice physique soutenu diminuait le risque de survenue de maladie de Parkinson avec un risque relatif de 0,7 (IC 95 % : 0,5-1,1) alors que cet effet n’était pas retrouvé pour ceux qui avaient une activité modérée. Le fait d’avoir un niveau d’activité physique élevé lors des études et à l’âge de 30-40 ans chez l’homme était prédictif du risque de maladie de Parkinson dans le futur. Ainsi, les sujets qui avaient une activité intense pendant au moins 10 mois par an avaient un risque de maladie de Parkinson diminué de 60 % par rapport à ceux chez qui ce type d’activité ne dépassait pas 2 mois par an. Chez la femme également, une activité physique intense était inversement proportionnelle au risque de survenue d’une maladie de Parkinson. En revanche, la pratique de sport lors des études n’était pas associée à une diminution du risque. On observait également un déclin significatif des activités physiques dans les années précédant le diagnostic de la maladie.

Dans les modèles expérimentaux, l’exercice physique semble entraîner la sécrétion de facteurs neurotrophiques par le cerveau qui contribueraient à la survie et à la neuroplasticité des neurones dopaminergiques. Cet exercice pourrait donc stimuler le système dopaminergique et augmenter ainsi la disponibilité de la dopamine dans le striatum.

Le déclin pré-clinique des activités physiques chez l’homme reflèterait la nature insidieuse de la maladie et l’absence de reconnaissance des changements physiopathologiques. La fatigue est souvent l’un des premiers signes et pourrait être associée à une dysfonction mitochondriale ou pourrait refléter la perte progressive sous-jacente des neurones dopaminergiques qui se développe des années avant le diagnostic de la maladie. Il semblerait donc que la pratique régulière à un bon niveau d’activités physiques, outre ses vertus déjà connues, protégerait de la survenue d’une maladie de Parkinson. D’autres études seraient nécessaires pour confirmer cette première observation.
Chen H, Zhang SM, Schwarzschild MA, Hernàn MA, Ascherio A. Physical activity and the risk of Parkinson disease. Neurology. 2005; 64 : 664-669.
Publié en Avril 2005
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Chen H, Zhang SM, Schwarzschild MA, Hernàn MA, Ascherio A. Physical activity and the risk of Parkinson disease. Neurology. 2005; 64 : 664-669.