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image description Avoir des parents qui ont vécu longtemps protège des troubles cognitifs et de la maladie d’Alzheimer.

Beaucoup de personnes vieillissent sans problème majeur, avec une santé relativement bonne et sans présenter de déficience cognitive, même durant les dernières années de leur vie. Apparemment, ce type de vieillissement réussi se « transmet » dans les familles. Les descendants de parents qui présentent une longévité exceptionnelle ont une plus grande chance de vivre eux-mêmes plus longtemps et d’avoir moins de risques de décès suite à un cancer ou une maladie cardio-vasculaire. Ils ne développent pas de surcharge lipidique et sont moins touchés par l’hypertension, le diabète, les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux. Les études réalisées au sein de familles et sur des jumeaux montrent que cette longévité exceptionnelle pourrait donc avoir un substrat génétique. Les approches fondamentales et les études sur animaux supportent aussi cette hypothèse.


Cette nouvelle étude est focalisée sur l’impact de la longévité des parents sur l’apparition de troubles cognitifs et/ou de démence chez leurs descendants. La population étudiée comprenait 424 personnes, âgées de 75 à 85 ans au moment du début de l’étude, en 1980, qui ont été suivies durant 23 ans, avec un examen clinique et neuropsychologique pratiqué tous les 12 à 18 mois. Dans cette population, 149 personnes (soit 35%) avaient eu au moins un parent qui avait vécu jusqu’à 85 ans ou plus, tandis qu’aucun parent des autres participants (275 personnes, soit 65%) n’avait atteint cet âge. Le tableau ci-dessous  présente le profil de la population examinée :

 

 

Age de décès des parents < 85 ans
(n = 275)

Age de décès des parents > 85 ans
(n = 149)

Age (ans)

79,0 +/- 3,0

79,4 +/- 3,2

Nombre de femmes (%)

67

59

Hypertension (%)

56

40

Maladie cardiaque (%)

15

11

Accident vasculaire (%)

7

8

Diabète (%)

13

7

Maladie thyroïdienne (%)

12

13

Fumeurs (%)

46

53

Triglycérides (mmol/L)

1,6 +/- 1,0

1,5 +/- 0,8

Test mémoire (0 à 4)

2,4 +/- 2,1

2,4 +/- 2,1

QI (85 à 115)

103,1 +/- 12,4

105,0 +/- 13,1


Principales caractéristiques de la population étudiée.


De façon générale, les caractéristiques de la population étaient assez homogènes quel que soit l’âge atteint par les parents. Les personnes dont les parents avaient vécu plus longtemps avaient une moindre tendance à souffrir de problèmes cardiovasculaires ou de diabète, mais les différences n’étaient pas significatives.

Au cours de l’étude, 113 personnes ont développé une démence, de type Alzheimer pour 80 d’entre elles, vasculaire ou mixte pour les 33 autres. Le risque de démence pour les personnes qui avaient des parents plus âgés, comparées aux autres, était estimé à 0,64 (IC à 95% : 0,43-0,97), soit une diminution de 36% du risque de développer une démence. Ce risque reste significativement inférieur quel que soit le modèle statistique utilisé, ajusté pour le sexe, les troubles vasculaires, le diabète, la surcharge lipidique,… D’autre part, les capacités mnésiques diminuaient plus lentement au sein de cette population, la vitesse de ce déclin étant ralentie de 30% comparée à celle du groupe dont les parents n’avaient pas vécu au-delà de 85 ans.

L’ensemble de ces données montre que le fait d’avoir des parents qui ont eu une plus grande longévité protège de la démence et des troubles cognitifs. Cette protection pourrait être associée à la transmission de différents éléments : un meilleur état cardiovasculaire, une plus faible fréquence des allèles ApoE ?4, la présence d’un taux de cholestérol HDL plus élevé.

Publié en Juin 2010
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Lipton RB, Hirsch J, Katz MJ, Wang C, Sanders AE, Verghese J, Barzilai N, Derby CA. Exceptional parental longevity associated with lower risk of Alzheimer’s disease and memory decline. J Am Geriatr Soc. 2010;58:1043-1049.