< Retour

Actualités

image description Connaissances et attitudes des infirmiers libéraux face à la douleur en fin de vie.

En soins palliatifs, les infirmiers jouent un rôle prépondérant dans la prise en charge soignante, notamment pour les patients suivis à domicile. Ces infirmiers ont vu leurs prérogatives récemment étendues dans le traitement de la douleur. Hors contexte hospitalier, la prise en charge de la douleur est encore insuffisante. Les auteurs de ce travail ont évalué la connaissance de la douleur chez les infirmiers libéraux à l’aide d’un questionnaire comportant 29 items. Ils ont également étudié leur capacité à se prononcer sur la nécessité d’une prescription d’antalgiques de palier 3 sur cas clinique. Pour cela, un même tableau clinique était présenté pour quatre patients, hommes et femmes de 40 et 70 ans.

Dans cette enquête publiée par la Presse Médicale, 955 infirmiers libéraux ont été contactés en France en 2005, après tirage au sort sur un listing professionnel. Parmi eux, 602 ont effectivement participé à l’enquête. Par stratification, on obtient une surreprésentation masculine volontaire par rapport au sexe ratio de la profession, l’objectif étant d’obtenir une bonne puissance statistique de l’étude. Le score moyen à l’évaluation des connaissances était de 14,9 bonnes réponses sur les 29 posées (minimum 6 ; maximum 24). Le score était significativement plus élevé si le conjoint exerçait une profession de santé, si l’obtention du diplôme était plus récente, ou si l’infirmier avait suivi une formation sur le traitement de la douleur.

En ce qui concerne l’évaluation clinique de la nécessité de prescription d’un antalgique de niveau 3 à domicile, 60% des infirmiers libéraux y étaient favorables, alors que 22,5% y étaient opposés, et 13,6% penchaient pour une hospitalisation. Sur présentation du cas clinique, à pathologie identique, les patients les plus âgés (70 versus 40 ans), et particulièrement les femmes se voyaient moins prescrire d’antalgiques de palier 3. Cela pose le problème de l’existence d’inégalités ancrées dans les représentations sociales qui rendent certains groupes plus vulnérables dans la prise en charge de leur souffrance. Un sentiment religieux exprimé chez les infirmiers sous la forme d’une entité supérieure qui serait maître du destin serait un facteur délétère pour le recours à la prescription d’antalgiques de niveau 3. De plus, cette étude a mis en évidence l’importance des compétences objectives en particulier chez ceux qui se prononçaient en faveur d’une prescription : formation en soins palliatifs ou sur le traitement de la douleur, suivi de patients en fin de vie, ou une bonne connaissance de la douleur.

A l’issue de cette enquête, il apparaît que la formation spécifique du personnel infirmier influe sur les scores de connaissance de la douleur et sur la capacité à se prononcer en faveur d’une prescription d’antalgiques quand le tableau clinique la rend nécessaire. Renforcer la formation du personnel infirmier dans le champ de la douleur devient alors une priorité en vue de l’amélioration de la prise en charge d’un patient qui souffre.


Caractéristiques personnelles et professionnelles des infirmiers libéraux associées au niveau de connaissance du traitement de la douleur.

Publié en Novembre 2007
Auteur : S. van Pradelles - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Bendiane M-K, Galinier A, Obadia Y, Favre R, Ribière C, Moatti J-P, Peretti-Watel P. Connaissances et attitudes des infirmiers libéraux face à la douleur en fin de vie. Résultats de l’enquête nationale fra