< Retour

Actualités

image description Des marqueurs biologiques pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer ?
Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer chez des patients atteints de troubles cognitifs légers est actuellement limité car il repose sur des observations comportementales et d’imagerie cérébrale non spécifiques. Les lésions caractéristiques de la maladie, les dépôts de protéine β-amyloïde, l’hyperphosphorylation de la protéine tau et les altérations cellulaires dues aux oxydations, affectent l’hippocampe dès le début de la maladie et causent des pertes de mémoire. Deux études longitudinales, publiées simultanément, ont été réalisées chez des patients atteints de déficit cognitif léger (mild cognitive impairment ou MCI) et des sujets contrôles pour tester l’hypothèse de modifications de marqueurs biologiques dans le liquide céphalorachidien afin d’améliorer la fiabilité du diagnostic au-delà des évaluations des performances mnésiques et du volume de l’hippocampe par RMN.

La première étude comportait 9 sujets normaux (âge 61,4 + 7,7 ans et MMSE 30,0 + 0,0) et 7 sujets atteints de MCI (âge 69,4 + 9,2 ans et MMSE 27,9 + 2,3). Les valeurs des principaux paramètres mesurés après deux années de suivi sont rassemblées dans le tableau 1.

La seconde étude a porté sur 39 sujets normaux contrôles (âge moyen 72 ans) et 137 sujets atteints de MCI âgés de 50 à 86 ans. Parmi les patients, durant les 4 à 6,8 années de suivi, 56 n’ont pas présenté d’évolution, 57 ont évolué vers une démence Alzheimer, 21 ont développé une démence d’un autre type et 3 sont décédés. Les valeurs de départ des paramètres mesurés dans le liquide céphalorachidien sont rassemblées dans le tableau 2.

Ces deux études confirment que l’évaluation de marqueurs biologiques présents dans le liquide céphalorachidien peut aider au diagnostic de la maladie d’Alzheimer et/ou à prévoir le risque d’évolution vers une démence dans les cas de troubles cognitifs légers.

L’évolution vers la démence d’Alzheimer est marquée par une diminution du volume de l’hippocampe, étroitement associée à une augmentation de l’hyperphosphorylation de la protéine tau et une diminution de la protéine amyloïde β42 dans le liquide céphalorachidien. Ces deux paramètres sont plus prédictifs de la maladie que d’autres facteurs de risque comme l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, le génotype APOE et le taux d’homocystéine plasmatique.
Tableau 1
Paramètres Sujets contrôles Sujets atteints de MCI p
Mémoire immédiate 9,1 ± 3,1 4,4 ± 3,2 < 0,05
Ratio volume hippocampe x 1000 3,2 ± 0,3 2,6 ± 0,3 < 0,01
Ratio volume cérébral x 1000 745,0 ± 29,0 718,0 ± 36,0 ns
Volume intracrânien (mL) 1227,0 ± 103,0 1283,0 ± 91,0 ns
Isoprostane (pg/ml) 28,9 ± 5,0 63,7 ± 26,6 < 0,01
Tau 231 phosphorylée (pg/ml) 64,0 ± 47,0 621,0 ± 486,0 < 0,01
Amyloïde β40 (pg/ml) 8718,0 ± 2248,0 12086,0 ± 3076,0 < 0,05
Amyloïde β42 (pg/ml) 1093,0 ± 402,0 928,0 ± 518,0 ns


Tableau 2: (* p < 0.0001 vs contrôles)
Paramètres Sujets contrôles Sujets stables Sujets évoluant vers Alzheimer Sujets évoluant vers une autre démence
T-tau (ng/L) 326,0 ± 157,0 340,0 ± 212,0 816,0 ± 426,0 * 480,0 ± 516,0
Tau 181 phosphorylée (ng/L) 61,0 ± 17,0 62,0 ± 16,0 95,0 ± 29,0 * 60,0 ± 26,0
Amyloïde β42 (ng/L) 700,0 ± 181,0 551,0 ± 188,0 324,0 ± 101,0 * 579,0 ± 155,0
Rapport Ab42 / tau phosphorylée 12,5 ± 4,7 9,5 ± 3,8 * 3,7 ± 1,6 * 10,7 ± 3,9
Publié en Avril 2006
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : de Leon MJ, De Santi S, Zinkowski R, Mehta PD, Pratico D, Segal S et al. Longitudinal CSF and MRI biomarkers improve the diagnosis of mild cognitive impairment. Neurobiol Aging. 2006; 27 : 394-401.

Hansson O, Zetterberg H, Buchhav