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image description Et vous, quels moyens utilisez-vous pour améliorer votre sommeil lorsqu’il est perturbé ?

Il arrive à tout le monde d’avoir des troubles du sommeil, notamment lorsqu’on avance en âge. Chacun y va alors de sa recette, plus ou moins efficace d’ailleurs, pour y remédier. Une équipe américaine de Pennsylvanie s’est posée la question de l’intérêt de ces interventions, pharmacologiques ou non, au sein d’une population adulte, âgée de 65 ans et plus (74,3 ± 6,6 ans en moyenne), constituée à 66% de femmes. L’enquête a été réalisée grâce à des questionnaires standardisés, dont l’Index de Qualité du Sommeil de Pittsburgh (PSQI), envoyés par e-mail. Le taux de réponses a été de 67% pour 686 personnes contactées initialement. Parmi les 460 répondeurs, 251 rapportaient des perturbations de leur sommeil et ont donc poursuivi l’étude. Au final, ce sont 242 participants qui ont décrit leurs stratégies pour mieux dormir. L’enquête révèle que chacun essaie en moyenne 4,8 ± 2,9 méthodes différentes pour y parvenir (valeurs extrêmes 0-13). Le nombre de traitements utilisés est significativement corrélé au score du PSQI (coefficient de corrélation 0,37 ; p < 0,001). Ce sont bien les plus “mauvais dormeurs” qui multiplient les approches. Du côté des techniques de type “intervention”, regarder la télévision ou écouter la radio ou de la musique arrive en première position (66,4%), suivi par la lecture (56,2%). Des différences sont notées entre les hommes et les femmes. Ces dernières préfèrent consommer un en-cas (39,7% vs 24,3% ; p = 0,03) ou une boisson sans alcool (37,6% vs 21,9% ; p = 0,02) ou bien encore lire (64,6% vs 43,0% ; p = 0,002). Pour ce qui est de la pharmacopée, il semble que les antidouleurs soient les plus répandus (40,1%), soulignant ainsi l’importance de la douleur comme cause fréquente d’insomnie. Généralement, les participants attribuent une efficacité faible à modérée à la plupart de ces traitements. D’après eux, la plus grande efficacité subjective revient à la prise de somnifères (p = 0,001). L’enquête nous apprend également que près de la moitié des sujets qui consomment de l’alcool ou des produits vendus sans ordonnance pour mieux dormir n’ont jamais évoqué leurs troubles du sommeil avec leur médecin. On constate que bien souvent le traitement choisi n’est pas perçu comme réellement efficace et peut même aggraver les symptômes, par exemple en cas de polymédication.
Cette enquête confirme que les seniors qui ont des difficultés de sommeil sont peu nombreuses à les évoquer avec leur médecin. Les stratégies qu’ils adoptent sont rarement efficaces et même bien souvent délétères pour leur sommeil. Cette étude est l’occasion de mettre à nouveau l’accent sur les risques de l’automédication y compris dans ce domaine des troubles du sommeil.

Technique

Fréquence (%)

Efficacité perçue (moyenne ± déviation standard)

Regarder la télévision, écouter la radio ou de la musique

66,4

2,0 ± 1,1

Lire un livre, le journal, un magazine

56,2

2,0 ± 1,2

Ajuster la température de la pièce, adapter ses couvertures ou sa tenue de nuit

47,0

2,0 ± 1,1

Faire une sieste le lendemain

44,0

1,9 ±1,1

Prendre un anti-douleur

40,1

1,9 ±1,1

Ne pas faire de sieste le lendemain

35,0

1,2 ± 1,2

Prendre un en-cas

34,1

1,7 ±1,1

Prendre une boisson non alcoolisée (thé, café, lait)

32,6

1,6 ±1,0

Prendre un médicament pour dormir vendu sans ordonnance

30,6

1,9 ±1,3

Bain chaud ou massage

29,6

1,8 ±1,3

Prendre un somnifère

22,1

2,5 ± 1,2

Faire une promenade ou de l’exercice (jogging, nage...)

18,6

1,7 ± 1,3

Aller dormir dans une autre pièce

15,6

2,1 ± 1,2

Faire des exercices de relaxation, d’hypnose ou de méditation

15,3

1,5 ±1,2

Boire de la bière, du vin ou un autre alcool

13,0

1,8 ±1,0

Prendre des vitamines ou des extraits de plantes

11,0

1,3 ± 1,3

Prendre de la mélatonine

10,6

1,3 ± 1,3

Parler à quelqu’un au téléphone

8,2

1,8 ±1,2

Fumer une cigarette

4,2

1,3 ± 1,6

Utiliser l’acupuncture

1,9

1,3 ± 1,5

Porter des bouchons d’oreille

1,4

1,0 ± 1,0

Techniques utilisées par les participants pour traiter leurs troubles du sommeil et efficacité subjective de celles-ci. Score d’efficacité variant de 0 (aucune efficacité) à 4 (totalement efficace).

Publié en Mars 2011
Auteur : C. Gauriau - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Gooneratne NS, Tavaria A, Patel N, Madhusadan L, Nadaraja D, Onen F, Richards KC. Perceived effectiveness of diverse sleep treatments in older adults. J Amer Geriatr Soc. 2011;59:297-303.