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image description Etre centenaire et bien dormir, c’est tout à fait possible.
Le sommeil, comme d’autres fonctions physiologiques, évolue avec l’âge. Au cours d’une nuit, la proportion de sommeil lent profond, ou stades 3 et 4, tend à diminuer au profit du sommeil lent léger, ou stades 1 et 2. Cet “allègement” du sommeil peut induire des difficultés à trouver le sommeil avec un allongement de la latence d’endormissement, une augmentation de la fréquence des réveils nocturnes ou un réveil matinal trop précoce. Ces troubles du sommeil peuvent être renforcés par des facteurs physiologiques et environnementaux comme l’isolement social, le stress et des pathologies cardiovasculaires, respiratoires, endocriniennes, ostéoarticulaires, neurologiques ou psychiatriques. Un certain nombre de traitements pharmacologiques ont également un impact sur le sommeil. Si l’influence de ces différents facteurs a été bien étudiée chez les seniors, la qualité du sommeil des centenaires a été en revanche rarement évaluée. Une équipe italienne s’est proposée de combler cette lacune en suivant un groupe de 180 centenaires vivant à Rome.
Ces sujets étaient âgés en moyenne de 101,7 ± 1,8 ans, et 76% étaient des femmes. Leur santé générale et la qualité de leur sommeil ont été évaluées à domicile par un gériatre à l’aide d’un questionnaire comprenant diverses échelles et index internationaux. Un MMSE (Mini Mental State Examination) a aussi été réalisé.

Dans ce groupe, 57,4% des centenaires ne présentaient aucun trouble du sommeil. Parmi les autres, 18,9% souffraient de réveils nocturnes fréquents, 8,8% d’insomnie d’endormissement, 7,4% d’insomnie de réveil précoce, ces trois types de troubles étant considérés comme légers à modérés, et 7,4% d’inversion du cycle veille-sommeil, considéré comme un trouble sévère. Ces troubles du sommeil légers à modérés étaient associés de façon significative (p ≤ 0,003) au nombre de maladies chroniques, en particulier à la présence d’une angine de poitrine (p ≤ 0,004) ou d’une bronchopneumopathie chronique (p ≤ 0,04). L’analyse de la consommation de médicaments montre que seule la prise de glycosides cardiotoniques était significativement associée (p ≤ 0,003) à la présence de troubles du sommeil.

La baisse des performances cognitives était corrélée à la sévérité des troubles du sommeil. Le score au MMSE passait de 18,4 ± 7,8 pour les sujets exempts de troubles du sommeil, à 18,1 ± 7,1 lorsque les troubles étaient légers à modérés, et à 14,2 ± 7,4 pour les troubles sévères. L’espérance de vie après l’interview était également plus faible pour ces sujets qui souffraient de perturbations sévères du sommeil (14,5 mois) comparés à ceux ayant des troubles plus modérés (25,8 mois) ou aucun trouble (24,3 mois). Enfin, 14,9% de ces centenaires consommaient des hypnotiques. Parmi eux, 45,4% les trouvaient bénéfiques et efficaces, 40,9% avaient encore des réveils nocturnes fréquents, des réveils précoces ou des latences d’endormissement allongées, et 13,6% souffraient toujours d’inversion du cycle veille-sommeil.

Ces résultats suggèrent que même à 100 ans, il est possible d’avoir un sommeil de bonne qualité. De plus, ils confirment que chez les centenaires, tout comme chez les adultes plus jeunes, la qualité du sommeil est corrélée à l’espérance de vie et au vieillissement réussi.

Description de la population de centenaires. MMSE : Mini Mental State Examination.
Publié en Avril 2007
Auteur : C. Gauriau - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Tafaro L, Cicconetti P, Baratta A, Brukner N, Ettorre E, Marigliano V, Cacciafesta M. Sleep quality of centenarians : cognitive and survival implications. Arch Gerontol Geriatr. 2007;Suppl 1:385-389.