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image description Evolution des taux de suicides au cours des 30 dernières années en Autriche chez les plus de 65 ans.
Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent la population qui se suicide le plus. Cette situation, qui concerne l'ensemble des pays occidentaux, n’est toutefois pas inéluctable. Il a été montré en effet que des mesures de prévention comme la formation des médecins au repérage des syndromes dépressifs chez les personnes âgées permettait de réduire le taux de suicide.

Cette étude avait pour objectif de caractériser les sujets âgés qui mettaient fin à leurs jours afin de mettre en place des mesures efficaces dans le cadre d’un plan national de prévention concernant la population autrichienne. L’analyse a été effectuée par tranches d’âges et en fonction du sexe. Le recueil des données s'est effectué à partir des certificats de décès collectés entre 1970 et 2004. Tous les décès des personnes de 65 ans ou plus ont été considérés, avec une répartition en 5 classes d'âge.

Au cours de ces 34 années, il y a eu 18 101 suicides, dont 63,2% d'hommes. Les suicides augmentaient en fonction de l'âge avec un taux pour 100 000 habitants de 40,1 pour les 65-69 ans, 47,1 pour les 70-74 ans, 56,2 pour les 75-79 ans, 70,6 pour les 80-84 ans et 82,6 pour les plus de 85 ans. Entre 1970 et 2004, les prévalences de suicide ont diminué chez les femmes sauf dans les 2 classes d'âge les plus élevées. Chez les hommes, il n'y avait pas d’évolution significative des taux de suicide au cours de cette période sauf chez les plus âgés (>85 ans) qui étaient plus nombreux à passer à l’acte en 2004 qu'en 1970. Les suicides étaient plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, quel que soit la tranche d’âge, avec une rapport hommes/femmes passant de 1,5 sur la période 1970-1990 à 2,2 entre 1990 et 2004.

La pendaison était la méthode la plus souvent utilisée dans les 2 sexes. En 1970, ce moyen concernait 63% des hommes contre 53,9% en 2004. Chez les femmes, les taux restaient stables entre 39,4 et 37,9%. Il y a eu au cours de la période étudiée une forte augmentation chez les hommes de l'utilisation d'une arme à feu, passant de 11 à 26,5% entre 1970 et 2004. Cette même tendance était retrouvée chez les femmes mais avec des taux beaucoup plus faibles entre 0,2 à 2,7%. Inversement, la prise de substances toxiques a diminué, passant de 31,3% à 14,4% chez les femmes, tout comme chez les hommes mais avec des taux de 11,3 à 3,4%. La défenestration reste stable chez les hommes autour de 7% et augmente chez les femmes de 13,4 à 19,7%. Le taux de noyade a légèrement augmenté de 14,1 à 15,7% chez les femmes et diminué de 4,7 à 2,8% chez les hommes. Une analyse en fonction des tranches d'âge montre que la défenestration augmente avec l'avance en âge dans les 2 sexes, mais plus particulièrement chez les femmes puisque cette méthode est choisie par 13,3% des 65-69 ans versus 25,5% des plus de 85 ans. L'utilisation d'une arme à feu était plus élevée chez les hommes de 65-69 ans, tout comme la pendaison et la noyade chez les femmes les plus jeunes, comparées aux personnes de plus de 85 ans. L'empoisonnement restait stable chez les hommes alors qu'il augmentait avec l'âge chez les femmes.

Cette étude permet de définir la population âgée à risque de suicide ainsi que les moyens utilisés pour mettre fin à ses jours. Les personnes très âgées sont celles qui nécessitent une vigilance renforcée en terme de diagnostic, de suivi et de réduction des facteurs de risque : prescriptions thérapeutiques, accessibilité aux armes à feu, et appartement en étage en particulier.

Taux de suicide moyen pour 100 000 habitants en fonction de l’âge, au cours de la période 1970-2004.
Publié en Juin 2007
Auteur : M. de Stampa - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Kapusta ND, Etzersdorfer E, Sonneck G. Trends in suicide rates of the elderly in Austria, 1970-2004: an analysis of changes in terms of age groups, suicide methods and gender. Int J Geriatr Psychiatry. 2007;22:438-444.