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image description Existe-t-il une relation entre la tolérance au glucose, l’atrophie de l’hippocampe et la mémoire à court terme chez la personne âgée ?
La qualité de vie d’une personne sur quatre âgée de plus de 65 ans est handicapée par des problèmes cognitifs, principalement de mémorisation à court terme ou de rappel de faits récents. Ces troubles de mémoire affectent généralement les individus diabétiques ainsi que les individus non-diabétiques mais présentant une forme légère d’intolérance au glucose. De façon plus générale, en plus d’une éventuelle prédisposition génétique, l’obésité et une activité physique réduite sont des facteurs de risque pour l’apparition d’une intolérance au glucose chez les enfants et les adultes. Ainsi, l’augmentation de l’espérance de vie comme celle de l’incidence de l’obésité dans la population sont susceptibles d’entraîner une augmentation des troubles de mémoire et de l’intolérance au glucose. Cependant, le lien entre ces deux phénomènes n’est pas établi.

L’hippocampe est une structure profonde du cortex temporal qui « gère » la mémoire à court terme. Une atrophie de l’hippocampe est associée à une hyperactivité de l’axe hypothalamo-surrénalien et observée dans la maladie de Cushing. L’administration de cortisol réduit l’incorporation de glucose dans les neurones de l’hippocampe, ce qui explique les altérations de l’hippocampe chez les animaux soumis à des doses élevées de cortocostéroïdes. L’étude présentée vise à déterminer l’existence d’une relation entre une faible intolérance au glucose chez les personnes âgées, une réduction du volume de l’hippocampe et une diminution de la mémoire à court terme.

Trente sujets non-diabétiques, d’un âge moyen de 68.6 + 7.5 ans ont été testés pour leur tolérance au glucose (trois paramètres ont été mesurés : le taux de base de glucose, le taux de glucose deux heures après administration de dextrose et le taux de décroissance durant le test). Le degré d’atrophie de l’hippocampe a été mesuré par imagerie cérébrale (rapport entre le volume de l’hippocampe et le volume cérébral total), la mémoire à court terme évaluée par le test de Wechsler et la fonction cognitive par le Mini Mental Status Examination (MMSE). Les corrélations entre les différents paramètres mesurés ont été évaluées par le coefficient de Pearson.

L’analyse statistique démontre une corrélation positive entre un déficit de la régulation périphérique du glucose et l’atrophie hippocampique, ce qui peut expliquer les troubles de mémoire. Par contre, si la plus grande vulnérabilité de l’hippocampe aux déficits métaboliques est bien établie, la liaison entre cette vulnérabilité et l’évolution du taux de cortisol doit encore être examinée dans ce même contexte.
Glucose Hippocampe Mémoire MMSE
Taux de base - 0.43 - 0.37 - 0.15
Après 2h - 0.42 - 0.62 - 0.43
Décroissance - 0.30 - 0.53 - 0.41
Publié en Mars 2003
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Convit A, Wolf OT, Tarshish C, de Leon MJ Reduced glucose tolerance is associated with poor memory performance and hippocampal atrophy among normal elderly. Proc. Natl. Acad. Sci. 2003, 100: 2019-2022.