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image description Facteurs de risque cardiovasculaire et espérance de vie.

La mortalité associée aux maladies cardiovasculaires a diminué de façon régulière depuis les années 70, comme d’ailleurs la mortalité due à d’autres causes, conduisant ainsi à une augmentation significative de l’espérance de vie. Cette diminution de la mortalité est attribuée à des modifications des principaux facteurs de risque cardiovasculaire - le tabagisme, l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle – ainsi qu’à un meilleur traitement des troubles vasculaires existants. L’étude Whitehall, initiée au début des années 70 en Grande-Bretagne, avait pour but d’évaluer sur le long terme l’importance des facteurs de risque sur la mortalité cardiovasculaire. Au total, 18 863 fonctionnaires de sexe masculin habitant la ville de Londres, âgés de 40 à 69 ans, ont été recrutés à l’occasion d’un premier examen de santé entre 1967 et 1970. Dans la période 1997-2005, les 4 811 survivants ont été examinés à nouveau. A un questionnaire sur les habitudes de vie, s’ajoutaient différents examens médicaux tels que mesure de la pression artérielle, bilan sanguin, électrocardiogramme, examen pulmonaire,…

Globalement, depuis les années 70, la mortalité due à des causes vasculaires a diminué d’environ 2% par an, passant de 50% à 30% chez les hommes et de 40% à 20% chez les femmes pour la tranche d’âges 35-69 ans et de 60% à 40% pour les deux sexes pour la tranche 70-79 ans. Les taux de mortalité relevés dans l’étude en fonction des différentes causes sont résumés dans le tableau suivant :



De façon générale, l’âge moyen des décès était de 76 ans, mais environ un quart d’entre eux se produisait avant 70 ans. Par ailleurs les tendances suivantes ont été observées :
- Pour toute augmentation d’âge de 10 ans, le taux de mortalité augmentait respectivement d’un facteur 3 et d’un facteur 4 en cas d’accident vasculaire et de maladie respiratoire ;
- La proportion de décès pour cause vasculaires diminuait avec l’âge, passant de 54% pour les personnes âgées de 50 ans à 45% pour celles de 80 ans ou plus ;
- Le taux de mortalité par cancer diminuait de 23% par tranche de 10 ans, suite à l’arrêt du tabagisme, tandis que le taux des cancers non liés au tabac restait inchangé.
Pour les facteurs de risque envisagés, dans le groupe de personnes analysées:
- Le nombre de fumeurs est passé de 40% en début d’étude à 13% en 1997 et à cette date, 58% des sujets étaient d’anciens fumeurs ;
- La pression artérielle systolique moyenne avait notablement diminué au cours de cette période, tout comme le taux de cholestérol ;
- A l’âge de 50 ans, les fumeurs avaient une espérance de vie réduite d’environ 6 ans comparés aux non-fumeurs; les personnes dont la pression artérielle était la plus basse bénéficiaient d’une augmentation de leur espérance de vie d’environ 5 ans et un taux bas de cholestérol permettait de gagner un ou deux ans ;
- Les personnes qui présentaient les trois facteurs (tabagisme, hypercholestérolémie et hypertension artérielle) avaient un risque de mortalité cardiovasculaire trois fois plus élevé, de mortalité non-vasculaire deux fois plus élevé et une espérance de vie réduite d’environ 10 ans comparées à celles qui ne présentaient aucun facteur de risque.
Ce suivi d’une population à très long terme montre que les facteurs de risque présents à l’âge de 50 ans sont significativement déterminants dans l’espérance de vie, qui peut, lorsque les trois principaux facteurs sont présents en même temps, être réduite de 10 ans.

Publié en Octobre 2009
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Clarke R, Emberson J, Fletcher A, Breeze E, Marmot M, Shipley MJ: Life expectancy in relation to cardiovascular risk factors : 38 year follow-up of 19 000 men in the Whitehall study. Br Med J. 2009:339:b3513.