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image description La consommation de céréales complètes diminue le risque de décès liés aux maladies d’origine inflammatoire.
Un certain nombre d’études épidémiologiques ont montré que le diabète de type 2, les maladies coronariennes et les décès d’origine cardiovasculaire étaient moins fréquents chez les personnes qui consommaient régulièrement des produits à base de céréales complètes, comparativement à celles qui en consomment peu ou pas. Les céréales complètes ne sont pas raffinées et contiennent toutes les parties du grain : l’enveloppe (son), l’amande et le germe. Les auteurs de ce travail ont regardé si ce type d’aliment pouvait aussi diminuer la mortalité due à des maladies dont l’inflammation est supposée être le mécanisme central, telles que la polyarthrite rhumatoïde, la goutte, l’emphysème, l’asthme, la colite ulcérative, la maladie de Crohn et certains types de maladies dégénératives.

Quarante et un mille huit cent trente six femmes ménopausées d’âge compris entre 55 et 69 ans à l’inclusion en 1986 ont été suivies pendant 17 ans. Après exclusion des sujets atteints de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète, de colite et de cirrhose du foie au départ, il restait 27 312 participantes parmi lesquelles 5552 sont décédées en cours d’étude. Le calcul des ingesta à l’inclusion a été réalisé en utilisant un questionnaire de fréquence alimentaire. Le nombre de portions de produits céréaliers complets consommées par semaine a été évalué avec précision. Ces produits comprenaient le pain complet, les céréales du petit déjeuner contenant au moins 25 % de céréales complètes, le riz complet, le maïs dont le pop corn, l’avoine, le seigle, le germe de blé, le son de blé, le sarrazin.

Les résultats ont montré que les femmes qui avaient l’habitude de consommer ce type d’aliments avait un mode de vie plus sain, faisaient davantage d’activité physique, fumaient peu, consommaient des aliments réputés bons pour la santé et étaient plus minces que les femmes qui consommaient peu d’aliments complets. L’analyse statistique a été ajustée sur les facteurs de confusion tels que l’âge, la consommation de tabac, la masse grasse, le niveau d’éducation, l’activité physique, et les facteurs nutritionnels. Les décès liés aux maladies inflammatoires étaient inversement associés à la consommation de céréales complètes.

Le tableau ci-dessous montre le risque relatif de décès en relation avec les maladies inflammatoires par rapport aux femmes qui consommaient rarement ou jamais de céréales complètes.


Risque de mortalité par maladies inflammatoires en fonction de la consommation de céréales complètes.

Cette diminution de plus de 35% du risque de décès par maladie inflammatoire chez les femmes qui avaient la plus forte consommation de céréales complètes était plus importante que la réduction du risque de décès d’origine coronariennes ou de diabète.

Quels pourraient être les mécanismes à l’origine de cette protection ? Au niveau de leur composition, les céréales complètes contiennent de nombreux composés dont en particulier des fibres, des vitamines, des minéraux, des polyphénols, des phytoestrogènes. Ces éléments, présents en plus faible quantité dans les céréales raffinées, peuvent directement ou indirectement inhiber le stress oxydatif et ses effets néfastes sur le contrôle des cycles cellulaires, la réparation des protéines, la stabilisation et la réparation de l’ADN, l’élimination des radicaux libres et la mise en jeu des mécanismes de défense antioxydants. On peut imaginer que la consommation régulière et au long cours de céréales complètes ou de produits dérivés pourrait effectivement avoir un effet anti-inflammatoire bénéfique sur l’organisme et diminuer la mortalité en rapport avec les maladies inflammatoires.

Publié en Juillet 2007
Auteur : S. Lauque - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Jacobs DR, Andersen LF, Blomhoff R. Whole-grain consumption is associated with a reduced risk of noncardiovascular, noncancer death attributed to inflammatory diseases in the Iowa Women's Health Study. Am J Clin Nutr. 2007;85:1606-1614.