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image description La consommation de cigarettes diminuerait l’incidence des signes extra-pyramidaux du sujet âgé
Les signes évocateurs de la maladie de Parkinson, dyskinésie, tremblement, rigidité, sont retrouvés sous une forme modérée chez environ 30 à 40% des sujets âgés, et il a été montré que la présence de ces signes était associée à une augmentation du risque de mortalité. Par ailleurs, de nombreuses études, essentiellement de type cas-contrôle, ont pu mettre en évidence une association entre la consommation de cigarettes et une diminution du risque de développer une maladie de Parkinson. Il en est de même pour une prise quotidienne importante de caféine.

Ces effets ont été réexaminés sur une cohorte de sujets âgés participant au Washington Heights-Inwood Columbia Aging Project, et habitant au nord de Manhattan, dans le but d’analyser l’impact du tabac et du café sur l’incidence de ces signes. Les 1339 sujets retenus pour cette étude transversale avaient un âge moyen de 76,6 ans. Leur consommation habituelle de cigarettes ainsi que la prise de café au cours de l’année écoulée étaient établies à l’aide d’un questionnaire. Les symptômes extra-pyramidaux étaient recherchés à l’aide de la version abrégée du Unified Parkinson’s Disease Rating Scale comprenant 10 items : parole, expression faciale, tremblements de repos, posture, bradykinésie et rigidité évaluée au niveau du cou, des bras et des jambes. Un score était ainsi établi pour chaque participant.

Au total, 40,1% des sujets présentaient au moins un de ces signes et le score obtenu était corrélé de manière positive à l’âge et de façon négative au niveau d’éducation. Ce score était également plus élevé chez les sujets déments que chez ceux qui ne l’étaient pas. Les fumeurs étaient moins fréquemment atteints de signes extra-pyramidaux (Odds Ratio de 0,58 ; intervalle de confiance à 95% = 0,47 à 0,73) et leur score moyen était plus faible que celui des non-fumeurs. Chez les buveurs de café, la fréquence comme la sévérité des signes étaient en revanche comparables à celles des non-buveurs, quelle que soit la consommation. Après ajustement sur la consommation de café, l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le niveau d’éducation et la présence ou non d’une démence, le risque d’observer un syndrome extra-pyramidal demeurait significativement plus faible chez les fumeurs (Odds Ratio = 0,75 ; intervalle de confiance à 95% : 0,57 à 0,99).

Ces résultats suggèrent que la cigarette serait capable de réduire le risque de syndrome extra-pyramidal chez le sujet âgé. Ces données vont ainsi dans le sens des observations déjà publiées montrant une diminution du risque de maladie de Parkinson chez les fumeurs. La nicotine et ses dérivés pourraient ainsi ralentir les processus de dégénérescence des structures centrales responsables des troubles observés chez ces malades. Mais ces résultats pourraient aussi être tout simplement la conséquence d’une aversion pour le tabac de la part des sujets atteints de signes de maladie de Parkinson. Des études prospectives portant sur l’évaluation des facteurs de risques d’apparition de ces signes semblent nécessaires afin d’évaluer de façon plus détaillée et de confirmer les effets positifs rapportés dans cette étude.
Caractéristiques des sujets de l’étude
  Fumeurs
n = 530
Non-fumeurs
n = 809
Age (années) 75,1 ± 5,8 77,5 ± 7,0
Nombre de femmes 298 (56,2%) 661 (81,7%)
Education (années) 8,6 ± 4,6 7,7 ± 4,7
Sujets déments 51 (9,6%) 176 (21,8%)
Consommation de café (mg/j) 192,3 ± 176,8 162,3 ± 155,9
Signes extra-pyramidaux 172 (32,5%) 365 (45,1%)
Publié en Septembre 2003
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Louis ED, Luchsinger JA, Tang MX and Mayeux R. Parkinsonian signs in older people. Prevalence and associations with smoking and coffee. Neurology. 2003; 61: 24-28