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image description La couverture vaccinale antigrippale est très variable dans les unités gériatriques françaises et la vaccination anti-pneumococcique très insuffisante.

Dans les pays occidentaux, les infections à pneumocoque et la grippe, représentent les 2 principales causes infectieuses associées à une morbi-mortalité conséquente. Leur prévalence et leurs conséquences d’une part, et l’existence de vaccins efficaces d’autre part, sont à l’origine d’une politique de vaccination des groupes à risque. Parmi ces derniers, on peut citer les sujets âgés à forte comorbidité, notamment cardio-pulmonaire. La couverture vaccinale antigrippale en France, selon les populations considérées (communautaire, institutionnelle) varie de 18 à 80%. L’objectif d’une couverture vaccinale « idéale » est estimé par le CDC d’Atlanta à 80%.

Cette étude épidémiologique avait pour but de décrire la couverture vaccinale dans une population gériatrique française hospitalisée en court séjour, en soins de suite et réadaptation ainsi qu’en institution, mais aussi d’identifier les motifs associés à la non vaccination des sujets relevant théoriquement de cette prévention.

Il s’agit d’une étude longitudinale sur 6 mois, menée en 2003, avec utilisation de 2 questionnaires relayés par l’ORIG. Un premier questionnaire a été envoyé à 530 unités gériatriques permettant un recueil des caractéristiques des unités (court et moyen séjour, EHPAD, USLD), ainsi qu’une analyse de la couverture antigrippale et anti-pneumococcique des 5 dernières années. Un second questionnaire, adressé à 105 des 530 centres inclus, a permis de recenser les infections incidentes et les motifs de non vaccination.

Vingt pour cent des centres ont répondu au premier questionnaire, représentant environ 8 000 sujets, âgés en moyenne de 82 ans et dont 71% étaient des femmes. La couverture vaccinale était supérieure dans les institutions par rapport à celle des unités de court séjour et de soins de suite et réadaptation. Le taux de réponse au second questionnaire était de 37% (39 centres sur 105). La mortalité était supérieure chez les sujets âgés n’ayant pas bénéficié d’une vaccination antigrippale mais indépendante d’une vaccination préalable anti-pneumococcique.

Parmi les motifs associés à la non vaccination, on retrouvait : un refus exprimé du sujet âgé dans 25% des cas pour la grippe, et pour le pneumocoque des raisons économiques dans 50% des cas, ou une estimation de non efficacité alléguée par les soignants dans 25% des cas.

Cette étude confirme que la couverture vaccinale antigrippale est élevée (médiane à 90%) en institution avec des disparités selon les centres, mais que 64% des unités de court séjour et 78% des unités de soins de suite et réadaptation ont une couverture vaccinale inférieure à 80%. Par ailleurs, l’état de vaccination des malades admis dans ces unités est indéterminé une fois sur cinq, et le taux de vaccination anti-pneumococcique est très faible, en particulier en institution avec une médiane à 2,8%.

Les limites de cette étude sont la non représentativité de la population étudiée où la proportion des sujets vivant en institution qui est inférieure à celle du territoire national. La seconde limite est liée au faible taux de réponses soit 20% pour le premier questionnaire et 37% pour le second.

Une politique renforcée incitant à la vaccination antigrippale dans les unités de court séjour doit être promue. Les recommandations concernant la vaccination anti-pneumococcique restent différentes entre les sociétés savantes nord-américaines et françaises. Elles sont probablement l’élément déterminant expliquant la faible couverture vaccinale anti-pneumococcique dans les unités de soins gériatriques françaises décrites dans cette enquête.

Publié en Janvier 2008
Auteur : P. Chassagne - CHU Rouen, Rouen
Références : Gavazzi G, Wazière B, Lejeune B, Rothan-Tondeur M, on behalf of the Observatoire du Risque Infectieux en Gériatrie. Influenza and Pneumococcal Vaccine Coverages in Geriatric Health Care Settings in France. Gerontology.