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image description La longévité des parents influence-t-elle la longévité de leurs descendants ?
De multiples études suggèrent que la longévité est héréditaire. Ainsi, la survie des descendants de centenaires est généralement plus élevée de celle de la moyenne de la population. De plus, ces descendants témoignent d’une résistance plus élevée et d’un âge d’apparition plus tardif pour les maladies cardiaques, l’hypertension et le diabète. La résistance à ces maladies et la diminution des facteurs de risques qui y sont associés expliqueraient la survie jusqu’à un âge très avancé.

L’étude de Framingham, un comté du Massachusetts aux Etats-Unis, est une étude célèbre qui porte sur l’examen bisannuel, pratiqué de 1948 jusqu’à présent, de personnes résidant à l’origine dans ce comté. La cohorte originelle comportait 5209 personnes âgées de 28 à 62 ans et concernait les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et autres maladies chroniques. Le présent travail concerne des sujets dont les deux parents avaient fait partie de la première cohorte et avaient survécu jusqu’à 85 ans ou plus ou étaient décédés avant le 1er janvier 2005. Cette sous-cohorte comprenait 1697 sujets, dont 868 femmes, âgés de 30 ans et plus. Différents paramètres ont été examinés dont en particulier l’âge, le sexe, l’éducation, le tabagisme, la pression sanguine systolique et diastolique, le cholestérol, l’indice de masse corporel. Un score de risque de Framingham, reflet global du risque cardiovasculaire, a été calculé pour chacun des individus de la cohorte.

Les sujets examinés avaient un âge moyen de 40+7 ans lors de leur premier examen médical entre 1971 et 1975. Leur répartition en fonction de l’âge de décès de leurs parents était la suivante :

L’analyse statistique des paramètres examinés montre les tendances suivantes.
Dans le groupe où les deux parents avaient atteint ou dépassé 85 ans :
-La survie d’au moins un des deux parents diminuait les facteurs de risque cardiovasculaires calculés selon le score de Framingham chez les descendants.
-Le risque de progression de la pression artérielle ainsi que l’évolution du score de Framingham étaient plus faibles.
-La diminution des facteurs de risque était plus marquée chez les femmes (55%).
-Les facteurs de risque étaient d’autant plus faibles que le niveau d’étude était élevé.
-Il n’y avait pas d’impact sur l’évolution de l’indice de masse corporelle.
-En ce qui concerne la cessation du tabagisme, une corrélation apparaissait pour les hommes mais pas pour les femmes.
Dans le groupe où un seul parent avait atteint ou dépassé 85 ans :
-Il n’y avait pas de corrélation en fonction du sexe du parent, père ou mère, survivant.
-Les facteurs de risque étaient d’autant plus faibles que l’âge du parent survivant était élevé.

De façon générale, l’analyse statistique montre une corrélation linéaire entre une diminution des facteurs de risque mesurés chez les descendants et la survie des parents. Le score de risque de Framingham pour les descendants était d’autant plus faible que leurs parents étaient décédés à un âge avancé, passant de 0,55 lorsque les deux parents avaient atteint ou dépassé 85 ans, à 1,08 lorsqu’un seul parent avait atteint 85 ans, et 1,71 lorsque aucun parent n’avait atteint cet âge.

Cette étude confirme la contribution de facteurs génétiques dans les risques de maladies cardiovasculaires et l’intérêt de leur étude pour une stratégie de prévention. Elle confirme aussi un adage populaire « Pour vivre vieux, il faut se choisir des parents qui vivent longtemps ! »

Publié en Avril 2007
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Terry DF, Evans JC, Pencina MJ, Murabito JM, Vasan RB, Wolf PA, Kelly-Hayes M, Levy D, D’Agostino RB, Benjamin EJ. Characteristics of Framingham offspring participants with long-lived parents. Arch Intern Med. 2007;167:438-444.