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image description La prise d’antihypertenseurs pourrait diminuer le risque de maladie d’Alzheimer
De récents travaux expérimentaux ainsi que des études d’observation ont montré un effet protecteur de la prise d’antihypertenseurs dans le cadre de la prévention de la maladie d’Alzheimer. Mais au regard de la littérature, ces résultats restent contrastés en terme d’efficacité selon le type de démence et selon la molécule antihypertensive utilisée. Cette étude a eu pour objectif de clarifier les liens entre les différentes classes thérapeutiques utilisées et l’incidence de la maladie d’Alzheimer.

Les données sont issues de la cohorte américaine Cache County dans l’Utah. Les 3308 patients étudiés étaient âgés d’au moins 65 ans et indemnes de troubles cognitifs lors de leur inclusion dans l’étude entre 1995 et 1997. La durée de suivi a été de 3 ans. Le recueil initial des données a pris en compte les diverses classes d’antihypertenseurs : inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), bêta-bloquants, antagonistes calciques et diurétiques.

Les patients qui ne prenaient pas de médicaments antihypertenseurs étaient âgés de 73,4 ± 6,3 ans et ceux qui recevaient un traitement avaient un âge moyen de 74,9 ± 6,5 ans. Les participants de ce second groupe étaient plus souvent des femmes, et avaient plus fréquemment une histoire d’accident vasculaire cérébral, d’hypercholestérolémie, de diabète ou d’infarctus du myocarde. Après prise en compte des divers facteurs de confusion, la prise d’un antihypertenseur depuis le début de l’étude s’accompagnait d’une diminution significative du risque de survenue de maladie d’Alzheimer avec un odds ratio de 0,64 (IC à 95% = 0,41-0,98). L’analyse des différentes classes thérapeutiques montrait des divergences notables. Alors que ni les IEC, ni les antagonistes calciques ne semblaient avoir d’influence sur la survenue des démences, les diurétiques diminuaient de manière significative le risque de maladie d’Alzheimer avec un odds ratio de 0,61 (IC à 95% = 0,37-0,98). Une tendance vers un effet protecteur était également observée chez les personnes qui prenaient des composés bêta-bloquants. L’analyse des différentes sous-classes de diurétiques montrait que l’effet bénéfique observé pouvait être attribué aux épargneurs de potassium (hazard ratio ajusté = 0,26 (IC à 95% = 0,08-0,64).

Ces données suggèrent que la prise de diurétiques, et plus particulièrement d’épargneurs potassiques, aurait une action protectrice sur la survenue de démences de type Alzheimer. De plus, selon cette analyse, les effets bénéfiques seraient indépendants du contrôle tensionnel. Compte tenu de la nouveauté de ces résultats, il serait important de les confirmer par des études d’intervention.
Association entre la prise de médicaments antihypertenseurs et le risque de survenue d’une maladie d’Alzheimer.
Type d’antihypertenseur Personne-années de traitement Odds ratio ajusté (IC à 95%)
Antihypertenseurs (tous types) 4636 0,64 (0,41-0,98)
IEC 1321 1,13 (0,6-0,98)
Bêta-bloquants 1184 0,53 (0,22-1,09)
Antagonistes calciques 1525 0,86 (0,45-1,53)
Diurétiques 2712 0,61 (0,37-0,98)
Diurétiques de l’anse 768 1,45 (0,77-2,57)
Diurétiques épargneurs de potassium 1037 0,26 (0,08-0,64)
Diurétiques thiazidiques 1078 0,72 (0,32-1,42)
Publié en Mai 2006
Auteur : M. de Stampa - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Khachaturian AS, Zandi PP, Lyketsos CG, Hayden KM, Skoog I, Norton, MC, Tschanz, JAT, Mayer LS, Welsh-Bohmer KA, Breitner JCS, for the Cache County Study Group. Antihypertensive medication use and incident Alzheimer Disease. The Cache County Study.