< Retour

Actualités

image description L'activité physique améliore la survie des hommes atteints d’un cancer colorectal.
Le cancer colorectal (CCR) est le second cancer par ordre de fréquence chez les patients âgés. Selon les projections de l’Institut National de Veille Sanitaire, l'incidence et la mortalité par CCR en France en 2009 étaient respectivement de 39 491 cas et de 17 408 cas. Les patients âgés de 75 ans et plus représentent 46% des cas incidents et 62% des cas de mortalité. Même s'il existe une tendance à la diminution de la mortalité imputable à ce type de cancer au cours des 25 dernières années, son incidence continue malheureusement de progresser. Ces données épidémiologiques expliquent pourquoi de nombreux travaux de recherche, notamment thérapeutique, se sont intéressés à la prise en charge des patients âgés porteurs d'un CCR.

D’autre part, l'activité physique est maintenant bien reconnue comme étant l’une des principales clefs du vieillissement réussi. Si son effet bénéfique sur le risque de voir se développer un CCR a déjà été démontré, son impact chez les hommes qui ont survécu à un CCR est mal connu.

Une équipe américaine s'est intéressée aux caractéristiques cliniques et à la mortalité de 661 hommes qui ont été traités pour un CCR de stade I à III, regroupant l'ensemble des formes non métastatiques de la maladie, en fonction de leur activité physique après le diagnostic. Les hommes décédés dans les 6 mois qui ont suivi le diagnostic de leur cancer ont été exclus de l'étude. Le niveau d’activité physique était défini en termes « d’équivalents métaboliques » ou MET ; un équivalent métabolique correspondant à l’énergie dépensée sur une semaine lorsque l’on reste assis calmement.

La médiane de survie après diagnostic de la maladie de ces patients était de 8,6 années. Au moment de l'analyse, 258 patients (39%) étaient décédés dont 88 (13%) pour lesquels la mortalité était directement imputable à leur CCR. Parmi ces patients, 50,4% avaient une activité physique hebdomadaire correspondant à 18 MET soit l’équivalent de 6 heures de marche par semaine. Pour 252 patients, l'activité mesurée était supérieure à 27 MET/semaine, soit plus 9 heures de marche par semaine. Pour 102 autres patients, cette activité était inférieure ou égale à 3 MET/semaine, soit moins d’une heure de marche par semaine. Une activité physique plus soutenue était significativement associée à une diminution de la mortalité par CCR (p = 0,002) et de la mortalité globale, qu'elle qu'en soit la cause (p < 0,001). Les hommes pour lesquels l'activité physique dépassait les 27 MET par semaine avaient une mortalité spécifique imputable à leur CCR de 0,47 (IC 95% : 0,24-0,92), par rapport aux hommes qui avaient une activité physique égale ou inférieure à 3 MET/semaine.

Le bénéficie apporté par l'activité physique constaté dans cette étude est indépendant de l'âge, du stade de la maladie (à l'exception des situations métastatiques qui n'ont pas été retenues dans l'étude), de l'indice de masse corporelle, de l'année de diagnostic par rapport à l'évaluation, de la localisation de la tumeur primitive et de l'activité physique des patients avant que le diagnostic de CCR soit posé.

Une fois de plus, l'activité physique apparaît comme un facteur protecteur et favorisant un vieillissement harmonieux. Les situations cancéreuses, notamment les cancers colorectaux chez l'homme comme le montre cette étude, n'échappent pas à cette règle.

Mortalité spécifique par CCR et mortalité globale en fonction de l'activité physique chez 661 hommes ayant un antécédent de CCR.
Publié en Mars 2010
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Meyerhardt JA, Giovannuci EL, Ogino S, Kirkner GJ, Chan AT, Willett W, Fuchs CS. Physical activity and male colorectal cancer survival. Arch Intern Med 2009;169:2102-2108.