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image description L’âge ressenti comme facteur prédictif de la mortalité du grand âge : étude prospective sur 13 ans
L’âge subjectif reflète l’évaluation personnelle de son âge réel et participe comme l’âge biologique, les limitations physiques et l’état de santé à la définition des normes de l’âge sociétal. Plusieurs études suggèrent que les sujets qui se sentent plus jeunes que leur âge sont en meilleure santé, ont un meilleur moral et évaluent leur statut physique et mental plus favorablement que ceux qui se perçoivent comme plus vieux. L’âge ressenti serait un meilleur facteur prédictif de survie que l’espérance de vie moyenne même après ajustement à l’état de santé réel.

Les facteurs psychologiques positifs comme la vitalité émotionnelle et psychique sont connus comme étant bénéfiques. Les personnes « positives » auraient une plus grande résistance face au stress et déploieraient des stratégies plus efficaces pour lutter contre lui. Une meilleure capacité à faire face au stress physique ou environnemental pourrait donc réduire ses effets délétères. Le but de cette étude prospective finlandaise était d’examiner la relation entre l’âge subjectif et le risque de mortalité. Elle a porté sur 1165 sujets âgés de 65 à 84 ans (395 hommes et 770 femmes) vivant à domicile, avec un suivi sur 13 ans de la mortalité. L’évaluation de l’âge ressenti, physique et moral, se faisait à partir d’une question : « vous sentez-vous physiquement/mentalement, plus jeune, identique ou plus vieux que les sujets du même âge ? ». Etaient aussi relevés l’âge biologique, le niveau d’éducation, le nombre de maladies, le statut cognitif, l’état de santé et l’existence d’une dépression.

A propos de l’âge physique ressenti, 37 % se sentaient plus jeunes, 52 % identiques et 11 % plus vieux que leur âge biologique. Sur le plan mental, 57 % se sentaient plus jeunes, 38 % identiques et 5 % plus vieux que leurs contemporains. Ceux qui se percevaient plus vieux étaient effectivement les plus âgés de la cohorte, avec un niveau d’éducation plus bas, un nombre élevé de maladies, une mauvaise perception de leur état de santé, un niveau cognitif plus faible et des scores de dépression plus importants que les autres. Sur les 13 années de suivi, 60 % des hommes et 48 % des femmes étaient décédés soit plus de la moitié de la cohorte. Dans les deux sexes, le taux de mortalité était plus élevé dans le groupe « plus vieux » que dans les deux autres. Le sentiment d’avoir plus que son âge était un indicateur précoce d’aggravation de la santé. Il augmentait le risque de mortalité après ajustement aux données démographiques et aux variables de santé. L’âge physique ressenti était un facteur prédictif de mortalité plus important que l’âge mental. La perception de l’âge ressenti est surtout liée à l’aspect physique car dans les pays occidentaux, l’âge est plus souvent associé à un déclin physique, le corps étant plus le reflet du vieillissement que l’esprit.
Risque relatif de décès sur les 13 ans (intervalle de confiance à 95 %)
  Groupe « plus vieux » Groupe « identiques » Groupe « plus jeunes »
Age physique ressenti 2,07 (1,61-2,67) 1,35 (1,13-1,61) 1
Age mental ressenti 2,05 (1,47-2,87) 1,17 (0,99-1,38) 1
Publié en Septembre 2005
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Uotinen V, Rantanen T, Suutama T. Perceived age as a predictor of old age mortality: a 13-year prospective study. Age Ageing. 2005; 34 : 368-372.