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image description Le déclin des performances cognitives au grand âge n’est pas directement lié aux altérations cérébrales qui caractérisent la maladie d’Alzheimer.

Les études menées sur la maladie d’Alzheimer et les capacités cognitives suggèrent une perte progressive des performances et un déclin cognitif plus rapide chez les personnes qui possèdent un niveau élevé de plaques séniles et d’enchevêtrements neurofibrillaires. Cependant, dans la population âgée, une partie des personnes, pouvant atteindre environ 50% chez les plus de 90 ans, qui ne présente pas de signe de démence peut néanmoins être touchée par des atteintes neuro-anatomiques importantes. Cette étude visait à préciser l’impact des lésions associées à la maladie d’Alzheimer sur l’évolution des performances cognitives chez des personnes de grand âge mais sans symptômes apparents de démence.

Une population de 137 personnes, âgées de 90 ans et plus (de 90 à 101 ans), a été suivie pendant 3 ans, jusqu’à leur décès. Tous les 6 mois, elles subissaient un examen neurologique et des tests neuropsychologiques cognitifs et de mémoire. Dans ce groupe, 58 personnes ne présentaient aucun signe clinique de démence, sur la base d’un diagnostic utilisant les critères du DSM-IV. L’examen neuro-pathologique post-mortem a permis d’évaluer l’extension des lésions et le degré d’atteinte cérébrale.

La plupart des 58 participants qui ont été inclus dans l’analyse étaient des femmes (67%) et étaient âgés de 95 ans en moyenne lors de la première visite. Dans ce groupe, 52% des personnes avaient des performances cognitives normales et 48% avaient une cognition altérée mais sans signe de démence à l’inclusion. Concernant les altérations neuro-pathologiques post-mortem, les plaques étaient très abondantes chez 48% des personnes, les enchevêtrements neurofibrillaires chez 40% et les 2 types d’altérations chez 29%. Il n’y avait pas de différence dans l’évolution des performances cognitives, que les personnes aient un taux élevé ou faible d’altérations cérébrales. Bien que les sujets avec une densité élevée de plaques et de dépôts neurofibrillaires avaient des capacités d’apprentissage légèrement altérées, ces différences n’étaient pas significatives. La présence à l’autopsie de lésions neuro-pathologiques typiques de la maladie d’Alzheimer n’est donc pas nécessairement associée à l’évolution des performances cognitives des personnes très âgées non démentes. Ceci témoigne d’une capacité d’apprentissage et de mémorisation préservée chez des personnes nonagénaires. Ces observations suggèrent une certaine capacité de résistance ou d’adaptation aux altérations neuro-anatomiques du grand âge ou bien que ces personnes n’ont pas vécu suffisamment longtemps pour que les signes cliniques de la démence se manifestent.

Publié en Novembre 2012
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Balasubramanian AB, Kawas CH, Peltz CB, Brookmeyer R, Corrada MM. Alzheimer disease pathology and longitudinal cognitive performance in the oldest-old with no dementia. Neurology. 2012;79:915-921.