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image description Le rétinol sérique serait un marqueur biologique prédictif du risque fracturaire dans une population masculine
Il est reconnu que des apports élevés en vitamine A sont associés à une augmentation de la fragilité osseuse mais aucun marqueur biologique du statut vitaminique A n’a encore été utilisé dans l’estimation du risque fracturaire chez l’homme.

Cette étude longitudinale de cohorte était menée sur 2322 suédois de sexe masculin, âgés de 49 à 51 ans lors de l’inclusion. Dix ans et 20 ans plus tard ils n’étaient plus que 1860 (80%) et 1221 (53%) respectivement. Les dosages du rétinol et du bêta carotène étaient effectués par HPLC (chromatographie liquide haute performance) sur des échantillons de sérum congelés au moment de l’inclusion pour 2047 sujets et stockés pendant environ 15 ans, sachant que le rétinol est stable sur cette durée s’il est conservé correctement. Un questionnaire alimentaire semainier était rempli chez 1138 hommes, permettant d’évaluer entre autres, les apports en rétinol et bêta carotène. La survenue de fracture était évaluée grâce à un registre national suédois ayant une très haute validité dans l’identification des cas de fractures.

Deux cent soixante-six hommes (11.5%) ont eu au moins une fracture et 81 (3.5%) au moins deux. Il s’agissait de fractures de la hanche pour 3.6% des sujets, de l’avant bras pour 2.0%, de l’extrémité supérieure de l’humérus pour 1.8%, du rachis ou du bassin pour 2.0%. Tous les autres sites fracturaires représentaient 2.5% de la cohorte initiale. La médiane de suivi était de 24 ans pour les sujets ayant subi une fracture et de 29 ans pour les autres. L’indice de masse corporelle et les valeurs de lipides sériques avaient tendance à augmenter avec les quintiles croissants de concentrations sériques de rétinol alors que les autres paramètres n’étaient pas influencés par cette segmentation.

Le risque relatif de fracture augmentait significativement avec les quintiles croissants de concentrations sériques de rétinol (voir tableau). Que l’analyse soit univariée ou multivariée, qu’elle ne prenne en compte que les fractures de la hanche ou tous les types de fractures, ces résultats étaient similaires. Le risque relatif de fracture augmentait ainsi de 26% pour chaque déviation standard de concentration de rétinol. L’augmentation du risque n’était pas linéaire puisque le risque de fracture pour les sujets qui avaient la concentration la plus élevée de rétinol (99ème percentile) était sept fois plus élevé que celui des autres sujets. En revanche, aucune relation entre concentration de bêta carotène et risque de fracture n’a été mise en évidence.

L’analyse des apports alimentaires en rétinol et bêta carotène, limitée par son faible effectif (111 sujets) n’a pas permis de mettre en évidence de relation avec le risque de fracture.

Cette étude suggère donc que le dosage du rétinol pourrait être utilisé comme un des marqueurs biologiques prédictifs du risque fracturaire dans une population masculine.
Risque relatif de fracture, en fonction des quintiles croissants de valeurs de rétinol sériques, quels que soient le site et le nombre : analyse multivariée prenant en compte l’âge, le poids, la taille, le niveau de bêta carotène, de calcium et d’albumine.
Quintiles de rétinol
(µmol/l)
Médiane du rétinol Nombre d’hommes ayant fait une chute Risque relatif Intervalle de confiance à 95%
1 :<1.95 1.78 48 0.93 0.62-1.41
2 :1.95-2.16 2.07 33 0.78 0.5-1.23
3 :2.17-2.36 2.26 45 1  
4 :2.37-2.64 2.48 47 0.91 0.6-1.38
5 :>2.64 2.88 68 1.64 1.13-1.41
Pour une augmentation de la déviation standard     1.26 1.13-1.41
Publié en Février 2003
Auteur : D. Haguenauer - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Michaelsson K, Lithell H, Vessby B and Mehlus H . Serum Retinol Levels and the Risk of Fracture. N Engl J Med, 2003; 348: 287-294.