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image description Le risque de décès d’un conjoint plus élevé après hospitalisation de son partenaire
Plusieurs études ont montré que la mort d’un des conjoints majore le risque de décès chez le survivant. De même, l’existence d’une maladie chez l’un des époux, notamment une atteinte cognitive, peut affecter la santé de l’aidant. Les auteurs de cette vaste étude américaine rétrospective ont voulu évaluer l’impact de l’hospitalisation d’un des conjoints sur le risque de décès du partenaire.

Grâce aux relevés du système de santé Medicare, plus de 500 000 couples âgés de plus de 65 ans ont été inclus dans l’étude et suivis sur une période de 10 ans. En plus des données socio-démographiques, le nombre et le motif d’hospitalisations, la durée de séjour, le score de morbidité de Charlson et la survenue d’un décès étaient relevés. L’âge moyen était de 75,4 ans pour les hommes et de 72,9 ans pour les femmes. Dans 79% des couples, l’homme était plus âgé et la plupart étaient de race blanche. Seuls 5,4% des couples vivaient sous le seuil de pauvreté. Durant la période de l’étude, 74% des hommes et 67% des femmes ont été hospitalisés au moins une fois et 49% des hommes et 30% des femmes sont décédés. Les deux conjoints sont morts dans 18% des couples. L’hospitalisation d’une épouse était associée à une augmentation de 4,5% du risque de décès de son mari et celle de l’époux à une augmentation du risque de décès de la femme de 2,4% en moyenne. La mortalité du partenaire après l’hospitalisation du conjoint variait en fonction de la pathologie causale. Cette élévation du risque de décès perdurait pendant environ 2 ans. Le décès du conjoint hospitalisé entraînait une majoration du risque de décès de 21% pour les maris et de 17% pour les femmes. Les conséquences de l’hospitalisation d’un des conjoints étaient particulièrement marquées pendant les 30 premiers jours. Au cours de cette période, le risque de décès pour l’autre était augmenté de 35% pour les maris et de 44% pour les épouses. Quant l’époux(se) hospitalisé(e) décédait, ce risque passait à 53% pour les hommes et 61% pour les femmes.

Certaines pathologies sont plus nuisibles pour le partenaire notamment quand la charge en soin est élevée et que le fardeau porté par l’aidant est grand. Deux explications possibles ont été avancées : la maladie du conjoint ou son décès imposerait un stress important à l’autre membre du couple et le priverait de support social, émotionnel, économique ou autre. Les hospitalisations du conjoint sont beaucoup plus stressantes pour un sujet déjà vulnérable. Le stress a un effet immédiat pendant les premières semaines puis se réduit par la suite, le sujet s’y adaptant. L’isolement social apparaît au long cours et son effet ne s’amende pas avec le temps. Il paraît donc utile d’aider et d’assister précocement celui qui n’est pas hospitalisé pour diminuer les coûts et améliorer la santé des membres du couple. Cela permettrait probablement de réduire le risque de mortalité du partenaire. Cette stratégie serait efficace notamment pour des pathologies lourdes comme les accidents vasculaires cérébraux et les démences. L’intervention devant se faire dès l’hospitalisation puisque la période des trente jours est, semble-t-il, très néfaste à l’aidant resté à domicile.
Taux de décès du partenaire en fonction du sexe et de la pathologie du conjoint hospitalisé
  Cancer du côlon Accident vasculaire cérébral Pathologie psychiatrique Démence Fracture du col Pas d’hospitalisation
Femmes 3 % 3,7 % 5,7 % 5 % 5,1 % 2,6 %
Hommes 6,4 % 6,9 % 7,5 % 8,6 % 8,6 % 5,6 %
Publié en Mars 2006
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Christakis N.A, Allison P.D. Mortality after the hospitalization of a spouse. New Engl J Med. 2006; 354 : 719-730