< Retour

Actualités

image description Le statut nutritionnel a un fort impact sur le bien-être psychologique des résidents.

La malnutrition touche entre 30 et 50% des résidents en institution, quel que soit le pays concerné. Or, une bonne alimentation contribue à diminuer la morbi-mortalité des personnes âgées. Parallèlement aux aspects nutritionnels, la qualité de vie est un concept multifactoriel impliquant entre autre, la santé physique, les conditions de vie sociale et environnementale, les liens sociaux, le bien-être psychologique ou encore le sentiment d’une certaine utilité. La malnutrition et la perte de poids des personnes institutionnalisées sont directement en lien avec la qualité de vie. Ainsi, les repas et leur prise sans aucune aide sont considérés par les résidents comme étant l’un des déterminants les plus importants de leur qualité de vie. Partant de ces observations, des investigateurs finlandais ont décidé d’étudier la relation entre le statut nutritionnel de résidents en long séjour et leur bien-être psychologique.
Il s’agit d’une étude transversale dans laquelle le statut nutritionnel et fonctionnel, ainsi que l’état de santé général et psychologique, ont été évalués chez des résidents de 69 institutions réparties dans 2 villes finlandaises. Le nombre de résidents allait de 10 à 138 pour chacun de ces établissements dont les conditions d’hébergement étaient proches de celles de leur domicile. Au total, 1 475 résidents, âgés de 82,7 ± 7,8 ans et comptant 78% de femmes, ont participé à cette étude. Leur état nutritionnel a été évalué à l’aide du Mini Nutritional Assessment (MNA). Un score inférieur à 17 indiquait une malnutrition, un score compris entre 17 et 23,5 un risque de dénutrition et au-delà de 23,5 un bon état nutritionnel. Un questionnaire structuré a permis de recueillir auprès des pensionnaires les informations concernant leurs capacités fonctionnelles, leur état de santé général ainsi que leur niveau de bien-être. Les troubles cognitifs et fonctionnels ont été également recherchés grâce à la Clinical Dementia Rating Scale et les sujets répartis en 2 groupes selon qu’ils avaient ou non des troubles cognitifs. Un index de co-morbidité a été calculé à l’aide de l’échelle de Charlson.
Leur bien-être psychologique a été évalué à l’aide de 6 questions portant sur leur satisfaction globale, leur entrain, leurs projets éventuels, leur sentiment d’être utile, d’être dépressif, ou de souffrir de solitude. Ce type de questions ainsi que le score qu’elles permettent de calculer ont été validés au cours d’études antérieures. Les participants ont ensuite été répartis en 3 groupes en fonction de leur niveau de bien-être. Plusieurs questions ont été utilisées pour apprécier l’attention portée aux résidents lors des repas. Elles concernaient en particulier le lieu de prise des repas, l’aide éventuelle et la quantité de nourriture consommée.
Parmi les sujets étudiés, 22% avaient un statut nutritionnel satisfaisant, 64,6% étaient à risque de dénutrition et 13,4% étaient dénutris. Par ailleurs, 55% avaient des troubles cognitifs et 84,5% étaient dépendants pour les activités de la vie quotidienne. En ce qui concerne leur bien-être, le score était satisfaisant pour 40,5% des résidents alors qu’il était mauvais pour 12,1% d’entre eux. Contrairement à l’index de comorbidité ou au statut fonctionnel, l’état nutritionnel était associé au niveau de bien-être psychologique. Le fait de prendre les repas en commun était également ressenti positivement. Après ajustement sur l’âge, le sexe, la dépendance pour les activités de la vie quotidienne ainsi que le lieu de prise des repas, un score élevé au MNA était prédictif d’un bien-être psychologique. Cette relation demeurait significative, même après l’exclusion du score MNA des items concernant les aspects psychologiques.
Dans cette cohorte, la proportion de personnes souffrant de malnutrition (13,4%) était relativement basse comparée à celle habituellement observée en institution. Ce chiffre faible semble être lié aux bonnes conditions d’hébergement de ces résidents. Quoi qu’il en soit, cette étude montre que le statut nutritionnel est fortement corrélé au sentiment de bien-être des résidents et qu’une plus grande attention devrait certainement être portée aux conditions de prise des repas, même si cette étude ne le montre pas directement.
 

Caractéristiques des résidents

Bon niveau de bien-être
(n=525)

Bien-être moyen
(n=612)

Bien-être médiocre
(n=157)

p

Age moyen (années)

81,9 ± 8,2

83,1 ± 7,4

82,8 ± 7,6

ns

Score MNA (% de résidents)
  > 23,5
  17-23,5
  < 17

 

31,0
59,7
9,3

 

21,8
66,8
11,3

 

12,0
63,3
24,7

<0,001

Faible consommation de nourriture lors du repas principal (% de résidents)

20,2

24,2

35,5

<0,001

Relation entre l’âge, l’état nutritionnel, l’attention portée lors des repas et le niveau de bien-être psychologique.
 

Publié en Février 2010
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Muurinen S, Soini H, Suominen M, Pitkälä K. Nutritional status and psychological well-being. Europ e-J Clin Nutr Metabol. 2010;5:e26-e29.