< Retour

Actualités

image description Le traitement par risédronate est efficace dans la prévention de nouvelles fractures vertébrales chez les femmes ostéoporotiques de plus de 80 ans
La fracture vertébrale est une complication très fréquente de l’ostéoporose. Sa prévalence est de 55% chez les sujets de plus de 80 ans. Et comme la population de personnes âgées est celle qui croît le plus vite, le nombre de ces fractures est susceptible d’augmenter de manière dramatique dans les décennies à venir.

Bien que la fracture du col soit considérée comme la plus grave des fractures ostéoporotiques, la fracture vertébrale conduit à des problèmes importants de santé: douleurs lombaires, perte de taille, déformations rachidiennes et baisse des performances et de certaines fonctions aboutissant à une perte d’autonomie. Une fracture vertébrale peut aussi amener à une hospitalisation, d’autant plus longue que le patient est âgé. Enfin, chaque fracture vertébrale représente une augmentation du risque de nouvelle fracture vertébrale ou de fracture du col fémoral. Ainsi, la fracture vertébrale augmente le risque de mortalité et le taux de survie diminue avec l’âge du patient auquel survient la fracture. De manière surprenante un faible pourcentage de femmes ostéoporotiques reçoivent un traitement préventif. La supplémentation vitamino-calcique est connue pour réduire le risque de fracture vertébrale mais aucune publication ne met en évidence l’efficacité des drogues antirésorptives sur la prévention de telles fractures chez le sujet de plus de 80 ans.

Alors que l’efficacité du risédronate est établie dans des populations dont la fourchette d’âges est large, aucune donnée n’est encore disponible dans une population de femmes de plus de 80 ans.

Dans ce travail, les données de trois essais randomisés en double aveugle contre placebo, VERT NA, VERT MN (Vertebral Efficacy with Residronate Therapy in North America et Multinational) et HIP (Hip Intervention Program) ont été regroupées. Ces études multicentriques ont été menées de 1993 à 1998 en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Les patientes recevaient soit 2.5 mg, soit 5 mg de risédronate, soit un placebo, et toujours une supplémentation calcique et vitaminique D si nécessaire. Tous les traitements autres qu’à visée osseuse étaient autorisés.

La survenue de fractures vertébrales était évaluée sur les clichés de rachis de profil, T4-L4. Les autres fractures non traumatiques étaient aussi notées, ainsi que les effets indésirables, la mesure des marqueurs biologiques du remodelage osseux et la densité minérale osseuse au rachis et au col fémoral.

Parmi les 8680 patientes de ces trois études, 6126 (71%) remplissaient les critères d’ostéoporose et 1392 avaient plus de 80 ans. Comparées à la population des moins de 80 ans, les plus âgées avaient une taille, un poids et un indice de masse osseuse plus bas et leur densité minérale osseuse au col fémoral (T score) était plus basse. Elles étaient moins nombreuses à ne pas avoir d’antécédents de fracture vertébrale. Les pathologies digestives, la cataracte, les troubles du rythme cardiaque et le glaucome y étaient plus fréquents.

Après 1 an de traitement par 5 mg de risédronate, le risque de nouvelles fractures vertébrales était de 2.5% dans le groupe traité et de 10.9% dans le groupe placebo. Après trois ans de traitement à la même dose, le risque de nouvelles fractures était de 18.2% dans le groupe traité et de 24.6% dans le groupe placebo. Le nombre de patients à traiter pour éviter une nouvelle fracture vertébrale était de 12 à 1 ans et de 16 à 3 ans. Aucune efficacité du risédronate n’a été mise en évidence après 1 ou 3 ans de traitement dans la prévention des fractures non vertébrales contrairement aux sujets de moins de 80 ans. Le profil des effets indésirables était le même chez les sujets de moins ou de plus de 80 ans et aucune différence significative n’était mise en évidence entre groupe traité et groupe placebo.

Un traitement par risédronate d’une durée de 1 à trois ans, est donc efficace dans la prévention de la survenue de nouvelles fractures vertébrales ostéoporotiques, même chez les sujets de plus de 80 ans et ce, sans augmentation du risque d’effets adverses. Ces résultats, qui ne concernent que la molécule étudiée, plaident en faveur de l’intérêt d’un tel traitement, même à un âge avancé.
  Incidence de nouvelles fractures Réduction du risque p
Durée du traitement Risédronate
5 mg
Placebo    
1 an 2.5% 10.9% 0.19 <0.001
3 ans 18.2% 24.6% 0.56 0.003
Publié en Décembre 2004
Auteur : D. Haguenauer - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Boonen S, McClung MR, Eastell R, El-Hajj Fuleihan G, Barton IP, Delmas P. Safety and efficacy of Risedronate in reducing fracture risk in osteoporotic women aged 80 and older : implications for the use of antiresorptive agents in the old and oldest old