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image description Les anti-inflammatoires diminuent-ils le risque de maladie d’Alzheimer?
Les données en faveur d’une composante inflammatoire dans la pathogenèse de la maladie d’Alzheimer sont nombreuses, tant au niveau expérimental qu’au niveau clinique. Certaines études ont montré qu’un traitement par des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) était susceptible de diminuer le risque de maladie d’Alzheimer, d’autres ont également pu mettre en évidence un effet bénéfique contre le déclin cognitif chez ces patients. Cependant, les divers travaux réalisés jusque là ont abouti à des résultats parfois contradictoires, en raison probablement de différences importantes entre les protocoles d’étude, les durées de traitement et les populations étudiées. De plus, il est difficile de dire si les effets bénéfiques qui ont pu être observés sont attribuables à un composé particulier ou peuvent être extrapolés à toute la classe des AINS.

Afin d’essayer de répondre à ces différentes questions, une méta-analyse a été conduite sur un ensemble de 9 études, portant sur des sujets de plus de 55 ans, et dont 6 étaient des études de cohorte (incluant un total de 13 211 sujets) et 3 des études cas-contrôles (1443 sujets). En ce qui concerne l’analyse des effets de l’aspirine, 8 publications ont été retenues comprenant 5 études de cohorte et 3 études cas-contrôles. Les travaux suivants ont été exclus de l’analyse : ceux portant principalement sur les démences vasculaires, ceux où d’autres types d’analgésiques étaient utilisés ainsi que ceux dont les résultats étaient partiellement repris dans d’autres études ou dont une partie des sujets était utilisée dans une autre cohorte. Trois analyses différentes ont été effectuées en ce qui concerne le risque de maladie d’Alzheimer: la première a porté sur ce risque chez les utilisateurs d’AINS ; la seconde chez les utilisateurs d’aspirine uniquement et la troisième a considéré la relation avec la durée d’utilisation des AINS.

Dans les études de cohorte, le risque relatif de maladie d’Alzheimer était de 0,84 chez les utilisateurs d’AINS et de 0,62 dans les études cas-contrôles, correspondant à une estimation du risque global de 0,72 (IC à 95% :0,56 à 0,94). En ce qui concerne l’aspirine, l’analyse montre des résultats très similaires entre les 2 types d’études avec un risque global de 0,87. L’analyse en fonction de la durée d’utilisation des AINS montre que le risque passe de 0,95 pour une durée inférieure à 1 mois (une seule étude), à 0,83 pour une durée intermédiaire (< 24 mois) et 0,27 au-delà de 24 mois. Il faut noter qu’une étude de cohorte a pu mettre en évidence une augmentation du risque chez les sujets traités par AINS. Selon les auteurs de cette méta-analyse, cette divergence de résultats pourrait être due à l’utilisation du test MMSE de Folstein pour détecter les démences, test peu sensible pour déceler les stades précoces de la maladie.

L’utilisation d’AINS semble donc diminuer le risque de maladie d’Alzheimer. Un effet bénéfique clair ne semble cependant pas se manifester avant 2 années de traitement. De plus, les posologies optimales restent à déterminer. Des études de prévention randomisées et contrôlées seraient toutefois nécessaires avant de pouvoir recommander une utilisation étendue des AINS dans cette indication.
Risque relatif de maladie d’Alzheimer calculé à partir des résultats des différentes études
  Nb d’études Risque relatif (IC à 95%)
AINS    
Etudes de cohorte 6 0,84 (0,54 à 1,05)
Etudes cas-contrôles 3 0,62 (0,45 à 0,82)
Ensemble des études 9 0,72 (0,56 à 0,94)
Aspirine    
Etudes de cohorte 5 0,85 (0,71 à 1,03)
Etudes cas-contrôles 3 0,84 (0,61 à 1,16)
Ensemble des études 8 0,87 (0,70 à 1,07)
Publié en Juillet 2003
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Etminan M, Gill S, Samii A. Effect of non-steroidal anti-inflammatory drugs on risk of Alzheimer’s disease: systematic review and meta- analysis of observational studies. Brit Med J. 2003; 327: 128-132