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image description Les biomarqueurs sériques de la confusion.
Un marqueur biologique, ou biomarqueur, est un paramètre qui témoigne de l’existence ou de la sévérité d’une maladie. Face à une situation pathologique, 3 cas de figure peuvent se présenter. Il peut s’agir tout d’abord d’un biomarqueur prédisposant à la survenue de la maladie comme l’apoE ε4 dans la maladie d’Alzheimer précoce. Un biomarqueur peut aussi témoigner de la maladie et de son évolution comme CA 15.3 dans le cancer du sein. Enfin, il peut s’agir d’un produit de dégradation au cours d’une maladie tel que la CPK lors d’un infarctus du myocarde. Le but de cette revue était de décrire les biomarqueurs impliqués dans la confusion.


Les biomarqueurs prédictifs du risque de confusion.
Il existe des modèles biologiques validés prédictifs d’une confusion. On peut citer le rapport urée nitrogène/créatininémie plasmatique (BUN/créatinine). Ce rapport, lorsqu’il est supérieur à 18, témoigne d’une déshydratation extracellulaire qui est prédictive de la survenue d’une confusion chez les malades âgés hospitalisés en médecine. Pour les confusions postopératoires, on retient la valeur sémiologique prédictive, lorsqu’elle est obtenue en préopératoire, d’une hyponatrémie (< à 130 mmol/L) ou d’une hypernatrémie (> 150 mmol/L) quant à la survenue secondaire d’une confusion postopératoire.

L’identification de ces marqueurs en préopératoire est utile pour la prévention de la confusion postopératoire. Des marqueurs génétiques ont aussi été identifiés. Ainsi, la protéine de transport de la dopamine codée par l’allèle A9 du gène du transporteur serait associée au delirium tremens.

Les biomarqueurs témoins de la sévérité de la confusion..
Les principaux marqueurs associés à l’évolution d’une confusion sont résumés dans le tableau ci-dessous. Ces biomarqueurs ont été testés dans des études expérimentales sur de petits effectifs, au cours de confusions postopératoires ou médicales, le modèle de choix restant le delirium tremens. Leur validité n’est pas, à ce jour, établie. Leur interprétation ne tient en effet pas compte de l’hétérogénéité des populations étudiées, ainsi que du caractère multifactoriel et fluctuant de la confusion.



Mécanismes physiopathologiques de la confusion et principaux médiateurs impliqués.

Les biomarqueurs générés par la confusion..
Plusieurs protéines ont été individualisées comme la protéine tau neuronale, la neuron specific enolase ou la protéine S-100 bêta. Ces protéines sont les témoins indirects de la mort neuronale. Elles sont ainsi corrélées, au cours des AVC, à l’importance du territoire neuronal lésé. A titre d’exemple, la protéine S-100 bêta serait un marqueur prédictif de confusion postopératoire.

En conclusion, les biomarqueurs constituent dans la confusion un modèle prédictif ou témoignant de la sévérité de la maladie dont les perspectives semblent importantes. Il convient de valider l’utilité de ces marqueurs dans des séries prospectives portant sur de grandes populations de malades homogènes. Les pistes les plus importantes sont centrées sur les marqueurs génétiques, le système cholinergique et les marqueurs de l’inflammation.
Publié en Juin 2007
Auteur : P. Chassagne - CHU Rouen, Rouen
Références : Marcantonio ER, Rudolph JL, Culley D, Crosby G, Alsop D, Inouye SK. Serum biomarkers for delirium. J Gerontol Biol Sci Med Sci. 2006;61A:1281-1286.