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image description Les descendants de centenaires bénéficieraient d’une meilleure santé que des sujets contrôles du même âge
Les sujets âgés ayant une exceptionnelle longévité sont souvent mieux protégés que les autres face aux maladies cardio-vasculaires, au diabète et au cancer, responsables de nombreux décès dans ces tranches d’âge. Plusieurs études suggèrent que l’impact du patrimoine génétique sur l’espérance de vie est minime quel que soit l'âge sauf pour les centenaires. Une étude américaine rapporte en effet un lien statistiquement significatif entre un locus du chromosome 4 et une exceptionnelle longévité chez les descendants de centenaires qui orienterait vers la recherche d'un facteur biologique de longévité spécifique à cette population.

Les auteurs de cette étude ont voulu démontrer l'existence d'un "risque" familial de longévité et sa relation avec un bon état de santé chez les descendants. Ils ont pour cela étudié 145 juifs ashkénazes, d'âge moyen 99,1 +/- 3,5 ans, en bonne santé et autonomes ainsi que 180 de leurs descendants d'âge moyen 67,6 +/- 6,5 ans dont 55 % de femmes. Dans un premier temps, ils se sont intéressés à l'âge de décès des quatre grands-parents des descendants pour étudier la longévité familiale puis ils ont évalué par une étude cas contrôle la prévalence des maladies chroniques liées à l'âge chez les centenaires et leur progéniture. Le premier groupe contrôle comprenait 75 personnes correspondant aux conjoints des enfants. Leur moyenne d'âge était 69,5 +/- 10,5 ans et il y avait 53 % de femmes. Le deuxième groupe apparié sur l'âge était composé de 6728 sujets caucasiens, d'âge moyen 64,7 +/- 4,6 ans, issus d'une étude de survie américaine, la NHANES III. Il y avait environ 3 % de juifs ashkénazes parmi eux. Enfin, le troisième groupe incluait tous les Israéliens, juifs ashkénazes, de 50 à 74 ans soit 219 042 personnes.

Les parents des centenaires, nés aux alentours de 1870, avaient un plus grand "risque" de longévité que les autres grands-parents que ce soit ceux du côté non centenaire ou des conjoints. Les descendants des centenaires avaient une prévalence significativement plus faible d'hypertension (33 % vs 43 %), de diabète (7 % vs 14 %), d'atteintes cardiaques (4 % vs 10 %) ainsi que d'accidents vasculaires cérébraux (non chiffré) que les contrôles de la NHANES III. On retrouvait une diminution de 50 % de toutes ces pathologies, sauf pour les infarctus du myocarde, par rapport à la population ashkénaze du 3éme groupe. Cette différence persistait aussi entre descendants et conjoints. Les enfants des centenaires semble donc avoir hérité d'une meilleure santé que les témoins des groupes contrôles du même âge. Ceci serait lié à une tendance familiale de longévité exceptionnelle retrouvée dans les générations précédentes. Les auteurs suggèrent que l'observation d'une telle cohorte offre un terrain idéal pour étudier le phénotype et le génotype de la longévité et leurs interactions avec l'environnement. Elle permettrait de mieux comprendre les mécanismes du vieillissement en recherchant un facteur biologique qui modulerait la durée de vie.
Risque relatif de longévité chez les parents de centenaires versus les parents côté non centenaire. Odds ratio et intervalles de confiance à 95 %
  60-69 ans 70-79 ans 80-89 ans 90-99 ans
Parents des centenaires/ parents côté non centenaires 1 2,9 (1,0-4,9) 5,6 (3,6-3,6) 6,9 (3,8-10,1)
Publié en Mars 2004
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Atzmon G, Schechter C, Greiner W, Davidson D, Rennert G, Barzilai N. Clinical phenotype of families with longevity. J Am Ger Soc, 2004; 52 : 274-277