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image description Les effets du vieillissement sur la mémoire procédurale
Les déficits de mémoire et d’apprentissage liés à l’âge s’échelonnent du simple ralentissement dans les réflexes aux troubles profonds affectant les tâches complexes de mémorisation. L’analyse systématique de ces déficits est difficile du fait de la multiplicité des processus impliqués dans la mémorisation. D’une part, les mémoires procédurales (implicites) sont fréquemment évaluées en utilisant des épreuves, de type performance motrice, et elles apparaissent généralement peu touchées par le vieillissement. D’autre part, les mémoires déclaratives (explicites) sont évaluées par le biais des processus cognitifs qui les sous-tendent et elles sont plus vulnérables au cours du vieillissement. L’intrication des différents mécanismes qui sont impliqués rend l’évaluation complexe, d’autant plus que des processus non-mnémoniques, comme des déficiences motrices, peuvent voiler les résultats. Le paradigme de test utilisé par les auteurs de ce travail vise à lever dans l’analyse l’ambiguïté qui peut résulter d’une interférence entre les effets de l’apprentissage, en tant que tel, et les facteurs non-spécifiques qui y sont liés, comme les capacités motrices.

Le test consiste à faire franchir à des animaux une « course d’obstacles » (échelles, cordages et chaînes) nécessitant une grande habilité motrice et à mesurer, lors des sessions successives, le nombre d’erreurs commises et le temps mis pour effectuer le parcours. Les résultats sont les suivants :
- Le nombre de jours nécessaire à l’apprentissage du parcours est plus grand pour les animaux âgés (28 à 30 mois) que pour les animaux jeunes (2 mois) ou adultes (6 mois).
- Le temps nécessaire à l’apprentissage est plus long pour les animaux âgés durant les six premiers jours d’apprentissage.
- Bien que ce temps soit plus long, la latence diminue et leur performance s’améliore significativement durant ce temps.
- A la fin de cette période, la rapidité d’exécution des animaux jeunes continue à s’améliorer, celles des animaux adultes atteint un plateau et celle des animaux âgés diminue.
- Le nombre d’erreurs est toujours plus important chez les animaux âgés.
- La mémorisation du parcours n’est pas affectée par l’âge et les animaux âgés « retiennent » les obstacles aussi bien que les autres.

Ces résultats confirment que l’apprentissage lui-même n’est pas touché par le vieillissement, au contraire de l’exécution des tâches apprises qui peuvent subir la dérive des processus cognitifs mnésiques nécessaires à leur mise en œuvre, particulièrement dans le champ du contrôle moteur.
Comparaison des résultats obtenus au test par les animaux âgés (V), adultes (A) et jeunes (J).
Les astérisques indiquent le niveau de signification des différences.
Nombre de jour pour apprendre le parcours V > ** A = J
Latence pour accomplir le parcours V > * A > * J
Nombre d’erreurs par essais V > ** A = J
Niveau de performance entre sessions V = A = J
Publié en Octobre 2003
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Churchill JD, Stanis JJ, Press C, Kushelev M, Greenough WT Is procedural memory relatively spared from age effects ? Neurobiol. Aging, 2003; 24: 883-892