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image description Les femmes sédentaires de plus de 65 ans qui augmentent leur activité physique diminuent leur mortalité
Il est bien admis qu’un mode de vie actif a une incidence bénéfique en terme de morbidité et de mortalité chez l’adulte comme chez les personnes âgées. Par ailleurs, il a également été montré qu’une augmentation de l’activité physique chez l’adulte se traduisait par une diminution du risque de mortalité quelle qu’en soit la cause. Cependant, peu d’études avaient jusqu’à présent essayé d’analyser les effets de ce type de changement de comportement chez les personnes de plus de 65 ans. De plus, les quelques études réalisées avaient abouti à des résultats contradictoires. On pouvait donc se demander si une augmentation de l’exercice chez des personnes jusque là sédentaires et présentant notamment des facteurs de risques cardiovasculaires, serait susceptible de réduire leur mortalité.

C’est dans le but de répondre à cette question qu’une étude prospective multicentrique a été réalisée sur une cohorte de femmes âgées d’au moins 65 ans et qui participaient à la Study of Osteoporosic Fractures. Parmi les 9704 femmes examinées au départ, 7553 d’entre-elles (moyenne d’âge 76,9 ± 4,9 ans) ont subi une seconde visite entre 4 et 7,7 années plus tard. Aucune d’entre elle n’avait de handicap physique. Ces femmes ont ensuite été suivies pendant presque 7 années supplémentaires (durée médiane: 5,1 ans). Leur niveau d’activité physique était évalué à l’aide du Harvard Alumni Questionnaire et exprimé en kilocalories/semaine. L’analyse a été effectuée après avoir réparti les sujets en fonction de leur niveau d’activité physique au départ (quintiles) puis mesuré l’évolution de cette activité au cours de la période de suivi. Une association avec le niveau de mortalité a ensuite été recherchée après ajustement en fonction de l’âge, de l’index de masse corporelle, des facteurs de co-morbidité tels que le diabète ou l’hypertension et de la consommation de tabac. Les activités sportives intenses ne concernant que 4% des participantes, ce type de donnée n’a pas été pris en compte dans l’analyse.

Au cours du suivi, 1029 décès ont été enregistrés, dont 386 pour des raisons cardiovasculaires et 264 par cancer. L’analyse des données en fonction de l’activité physique de départ montre une diminution de mortalité principalement cardiovasculaire atteignant 42% pour les femmes les plus actives (quintile supérieur) par rapport aux femmes sédentaires (quintile inférieur). Comparées aux femmes qui sont restées sédentaires pendant toute l’étude, celles qui sont devenues actives avaient une diminution de mortalité globale de 48%, cardiovasculaire de 36% et par cancer de 51%. Par ailleurs, plus l’augmentation d’activité était importante, plus la réduction du risque cardiovasculaire était élevée, puisque, comparées aux sujets restés inactifs, celles qui appartenaient au groupe des plus actives voyaient leur risque diminué de 68%. De façon surprenante, la diminution du risque était surtout marquée au cours des 2 premières années d’augmentation d’activité.

Par rapport aux femmes sédentaires, les femmes qui étaient actives au départ et qui le restaient, avaient une mortalité globale et cardiovasculaire diminuée de 32 et 38%, respectivement. De plus, les femmes actives qui devenaient sédentaires avaient un risque de mortalité comparable à celui des femmes restées sédentaires tout au long de l’étude. Il est par ailleurs important de noter que la diminution de mortalité associée à l’exercice était plus faible chez les personnes de plus de 75 ans.

Ainsi, d’après cette étude, lorsque des femmes âgées sédentaires adoptent un mode de vie plus actif, leur mortalité globale diminue d’environ 40 à 50%. Ces résultats apportent donc la confirmation de ce que l’on suspectait déjà, à savoir que l’activité physique régulière est un gage de longévité.
Risque de mortalité en fonction du changement de mode de vie, par rapport aux sujets restés sédentaires (intervalle de confiance à 95%) (après ajustement sur l’âge, l’index de masse corporelle, et les facteurs de co-morbidité).
Sujets sédentaires devenus actifs
(n=811)
Sujets actifs devenus sédentaires
(n=1410)
Sujets actifs au départ et restés actifs
(n=3134)
Mortalité globale
0,52 (0,40-0,69) 0,92 (0,77-1,09) 0,68 (0,56-0,82)
Mortalité cardiovasculaire
0,64 (0,42-0,97) 1,07 (0,81-1,42) 0,62 (0,44-0,88)
Mortalité par cancer
0,49 (0,29-0,84) 0,61 (0,42-0,90) 0,82 (0,58-1,16)
Publié en Juin 2003
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Gregg EW, Cauley JA, Stone K, Thompson TJ, Bauer DC, Cummings SR and Ensrud KE, for the Study of Osteoporotic Fractures Research Group. Relationship of changes in physical activity and mortality among older women. JAMA. 2003; 289: 2379-2386