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image description Les inégalités en santé dans les 25 pays de l’Union Européenne.

Si les espérances de vie à la naissance et les espérances de vie à 65 ans ne cessent d’augmenter en Europe depuis la seconde moitié du 20ème siècle, il existe des différences importantes entre les pays de l’est et de l’ouest. L’augmentation de l’espérance de vie n’est pas toujours synonyme d’années supplémentaires en bonne santé et on manque d’informations concernant l’espérance de vie sans incapacités fonctionnelles. Cette étude s’inscrit dans le courant des réformes concernant l’augmentation de la durée du travail en Europe nécessitant une population en bonne santé.

L’objectif de ce travail a été de comparer les espérances de vie et les espérances de vie en bonne santé à partir de 50 ans dans les 25 pays européens en 2005. Les espérances de vie ont été calculées par la méthode de Sullivan à partir d’échantillons stratifiés sur l’âge, le sexe, le pays, et basées sur les tables de survie et la présence ou l’absence d’incapacités fonctionnelles.

Cette étude montre qu’en Europe en 2005, un homme de 50 ans a une espérance de vie de 28,6 ans et une femme de 33,5 ans avec une variabilité de 9,1 ans pour les hommes (21,3 ans en Lettonie et 30,4 ans en Italie) et de 6,1 ans pour les femmes (29,3 ans en Lettonie et 35,4 ans en France).

L’espérance de vie en bonne santé (sans incapacités) à 50 ans est de 17,3 ans pour les hommes et de 18,1 pour les femmes. Il y a par contre une plus grande variabilité entre les pays concernant ce paramètre et pour les deux sexes. En effet, à 50 ans les hommes d’Estonie ont 9,1 années d’espérance de vie en bonne santé comparativement aux danois qui en ont 23,6 ans en moyenne. Pour les femmes, cela varie de 10,4 ans pour les estoniennes à 24,1 ans pour les danoises. Lorsque l’on tient compte des facteurs de confusion à partir d’un modèle de régression logistique, les auteurs démontrent que le produit intérieur brut par tête d’habitant et les dépenses en santé pour les personnes âgées augmentent significativement les durées de vie en bonne santé dans les 2 sexes. La durée de la scolarité est également associée de manière positive avec les durées de vie en bonne santé alors que le chômage de longue durée est inversement associé uniquement chez les hommes (tableau 1). En stratifiant sur le facteur « entrée » en Europe des pays, il n’y a plus de relation entre les facteurs explicatifs et la durée de vie en bonne santé chez les 15 premiers pays de l’Union. Pour les 10 pays entrés récemment, les dépenses en santé et le faible niveau d’éducation sont positivement associés dans les 2 sexes avec le paramètre de santé.

Il existe une grande variabilité des états de santé entre les pays européens et en particulier entre ceux qui ont récemment rejoint la communauté européenne et les autres. Les données présentent par ailleurs certaines limites car il s’agit d’une étude transversale réalisée sur 1 an. Mais les résultats montrent que si la volonté politique à l’échelle européenne est d’allonger la durée du travail, elle devra s’attaquer d’abord à l’amélioration de l’état de santé de certaines populations.


Relation entre les années de vie en bonne santé à 50 ans et divers indicateurs dans les 25 pays de l’Union Européenne.

Publié en Janvier 2009
Auteur : M. de Stampa - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Jagger C, Gillies C, Moscone F, Cambois E, Van Oyen H, Nusselder W, Robine J-M, the EHLEIS team. Inequalities in healthy life years in the 25 countries of the European Union in 2005 : a cross-national meta-regression analysis. Lanc