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image description Les patients déments avec un infarctus du myocarde ont un risque de décès plus élevé et ne bénéficieraient pas des mêmes soins
On connaît peu de choses sur d'éventuelles différences de conduites thérapeutiques de la part des médecins chez les patients déments ou non déments. Cette étude a eu pour objectif de comparer les traitements à visée cardiologique reçus dans le cadre d'un infarctus du myocarde par des patients déments ou non déments et d'évaluer les taux de mortalité dans les 2 groupes.

L'échantillon se composait de 129 092 personnes âgées recrutées dans 46 états des USA, issues du régime Medicare, et admises à l'hôpital entre 1994 et 1995 pour un infarctus du myocarde aigu. Le suivi a été de 1 an pour chacun des patients.

L'échantillon présentait 4,5% de personnes démentes, soit 5851, qui étaient significativement plus âgées (82 ans versus 70 ans), avec plus de femmes (57% versus 46%), issues de maisons de retraite (27% versus 2%), avec un niveau de comorbidité plus élevé. D'autre part, à l'admission l'état clinique chez les personnes démentes était plus sévère avec significativement plus d'oedèmes aigus du poumon (39% versus 26%), de cardiomégalie (42% versus 34%), de troubles de la conduction (51% versus 43%). Le niveau de médicalisation des hôpitaux recevant ce groupe de patients, estimé sur la base de la présence de cathéterisation et de chirurgie cardiaque, était plus faible.

Après ajustement sur les paramètres de santé, les données sociales et les trajectoires du patient, le risque de décès était significativement plus élevé à 30 jours et à 1 an chez les patients déments avec un infarctus du myocarde (risque relatif =1,16 [IC à 95% :1,09-1,22]). L'âge était un facteur de risque indépendant de mortalité (risque relatif =1,48 [IC à 95% :1,4-1,57]) et la filière nursing home était à risque plus élevé de décès (risque relatif =1,42 [IC à 95% :1,34-1,50]). Du point de vue des pratiques, il existait des différences significatives dans les traitements reçus par les patients déments et les non déments pour les inhibiteurs de l'enzyme de conversion pendant l'hospitalisation et à la sortie, le recours à la thrombolyse, la cathéterisation, la coronaroplastie et la chirurgie cardiaque.

Cette étude des pratiques et des taux de mortalité entre ces 2 groupes de patients mériterait certainement d’être élargie à d'autres pathologies pour confirmer ces différences.
Traitements reçus par les patients souffrant de démence comparés aux non déments
* p< 0,01
Variables dépendantes Risque relatif (IC à 95%)
Aspirine à l’entrée 0,99 (0,98-1,00)
Aspirine à la sortie 1,02 (1,00-1,04)
Béta-bloquants à la sortie 1,01 (0,97-1,06)
IEC hospitalisation 0,89* (0,86-0,93)
IEC sortie 0,90* (0,86-0,95)
Thrombolyse hospitalisation 0,82* (0,74-0,90)
Cathéterisation 0,51* (0,47-0,55)
Coronaroplastie 0,58* (0,51-0,66)
Chirurgie cardiaque 0,41* (0,33-0,50)
Publié en Mai 2004
Auteur : M. de Stampa - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Sloan FA, Trogdon JG, Curtis LH, Schulman KA. The effect of dementia on outcomes and process of care for Medicare beneficiaries admitted with acute myocardial infarction. J Amer Geriat Soc. 2004; 52: 173-181