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image description Les régimes riches en protéines et pauvres en glucides ont un effet négatif sur l’espérance de vie.
L'augmentation de l'obésité est devenu un problème sanitaire mondial qui ne se limite plus à quelques pays développés. Une alimentation pauvre en glucides et riche en protéines, ou LC/HP, pour Low Carbohydrate/High Protein en anglais, est souvent conseillée pour lutter contre ce phénomène. Dans ce cas, la ration alimentaire est habituellement constituée de 10% de glucides, 25 à 35 % de protéines et 55 à 65 % de lipides. Des investigateurs grecs ont étudié les conséquences à long terme de ce régime alimentaire sur la santé de leurs concitoyens.

Après exclusion des sujets présentant des cardiopathies et des maladies chroniques comme le diabète, ils ont analysé les données de 23 000 personnes âgées de 20 à 86 ans ayant participé jusqu’en 2003 à l’étude européenne EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires rempli à l’inclusion a permis d’estimer les apports en glucides et en protéines. Un score entre ces deux nutriments (score LC/HP) a été calculé pour gommer l’effet des différences d’apports caloriques qui, en elles-mêmes, sont associées au risque de morbi-mortalité. Les données sociodémographiques, anthropométriques, de mode de vie incluant l’activité physique et la consommation de tabac ainsi que la mortalité ont été colligées.

Dans ce groupe, 27,4 % des hommes et 37,3% des femmes présentaient une obésité, et 43,6 % des hommes étaient fumeurs. Quatre cent cinquante cinq décès ont été recensés au cours des 5 années de l’étude. Les résultats ont montré que la consommation la plus basse en glucides correspondait à 25% de l’apport énergétique total et n’était pas aussi faible que celle préconisée dans le régime LC/HP. Les apports maximums en protéines représentaient environ 20% de l’apport énergétique total. Après ajustement sur les facteurs de confusion, les apports en glucides les plus hauts étaient associés à un risque moindre de mortalité. Les apports les plus élevés en protéines étaient au contraire associés à une plus forte mortalité. Une alimentation associant des apports faibles en glucides et élevés en protéines avait des effets cumulés sur la mortalité. Ainsi, une élévation du score LC/HP de 5 unités, situation tout à fait envisageable puisqu’elle correspond à une augmentation de 15 g de protéines et une diminution de 50 g de glucides par jour, augmentait la mortalité de 22%.

Ces relations entre le type d’alimentation et la mortalité étaient retrouvées pour les décès d’origine cardiovasculaire ou par cancer ainsi que pour toutes les autres causes de décès. Les auteurs concluent que ce régime prôné pour lutter contre l’obésité semble augmenter la mortalité sur le long terme, peut être parce qu’elle limite les apports de certains nutriments indispensables à la santé. Ce type d’alimentation pourrait certainement être amélioré en choisissant des protéines végétales ou issues du poisson, et en favorisant les graisses d’origine végétale. Les hydrates de carbone apportés par des aliments tels que des produits céréaliers complets, des fruits et des légumes plutôt que des sucres raffinés pourraient aussi être préférés, ce qui permettrait d’abaisser également l’index glycémique. Mais ne se rapproche-t-on pas là du régime méditerranéen ?
Publié en Juin 2007
Auteur : S. Lauque - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Trichopoulou A, Psaltopoulou T, Orfanos P, Hsieh CC, Trichopoulos D. Low-carbohydrate-high-protein diet and long-term survival in a general population cohort. Eur J Clin Nutr. 2007;61:575-581.