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image description L’exercice et les traitements hormonaux substitutifs contribuent de façon indépendante à diminuer l’épaississement de la paroi des gros troncs artériels observé avec l’âge.
Les maladies cardiovasculaires, qui restent la première cause de décès chez les femmes, sont plus fréquentes après la ménopause. Au-delà de la simple augmentation du risque liée à l’âge, la diminution de production endogène d’œstrogènes pourrait contribuer au développement de ces pathologies.

Au moins deux interventions sont connues pour diminuer l’incidence des accidents cardiovasculaires chez la femme après la ménopause : les traitements hormonaux substitutifs et l’exercice physique régulier. Ces effets bénéfiques sont dus en partie à une amélioration des facteurs de risques d’artériosclérose les plus courants comme le profil lipidique des patientes. Les effets de ces traitements sur la structure et la fonction des gros troncs artériels pourraient aussi être un facteur important de prévention. On sait ainsi, qu’avec l’âge, le diamètre des artères augmente et que l’épaisseur de la media s’accroît. La diminution des fibres élastiques par rapport au collagène et la glycation des protéines de structure contribuent à une perte d’élasticité des artères. Ces modifications anatomiques, et en particulier l’épaisseur de la média, sont associées à une incidence plus élevée de maladies coronariennes, d’artériosclérose, d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux.

Dans un travail publié dans l’American Journal of Physiology, une équipe du Colorado a mis à profit une technique ultrasonore pour apprécier les effets d’un traitement hormonal substitutif ou de l’exercice sur l’épaisseur et le diamètre des gros troncs artériels. Deux vaisseaux différents ont été comparés, la carotide dont les propriétés élastiques sont essentielles pour amortir les pulsations cardiaques, et les artères fémorales responsables du flux sanguin vers les muscles squelettiques des membres inférieurs. La population étudiée était constituée de femmes ménopausées depuis plus d’un an, âgées de 48 à 80 ans, en bonne santé, ayant une pression artérielle normale, ne fumant pas et ne présentant pas d’antécédent de maladie cardiovasculaire ou de diabète.

Quatre groupes de femmes ont été comparés sur la base de leur traitement et de leur entraînement physique. Chez les femmes faisant un exercice régulier d’une durée moyenne de 1h par jour, l’indice de masse corporelle, le rythme cardiaque à l’état basal, la viscosité sanguine et le taux de LDL cholestérol plasmatique, étaient significativement diminués sans que leurs pressions artérielles systolique et diastolique ou leur taux de HDL cholestérol ne soient modifiés. L’épaisseur de l’artère fémorale était réduite de 13 à 14% par le traitement hormonal chez les femmes sédentaires. Parallèlement, la pratique de l’exercice physique diminuait d’un même facteur l’épaisseur de la paroi des vaisseaux chez les personnes qui n’étaient pas traitées. Les effets simultanés d’un traitement substitutif et de l’exercice physique sur ce paramètre anatomique étaient en partie cumulatifs. L’épaisseur de la paroi des artères fémorales était alors réduite de 21% dans ce dernier groupe lorsqu’elle était comparée aux femmes sédentaires ne recevant pas d’hormonothérapie.

Il existe toutefois une différence importante entre les deux interventions. Alors que l’exercice physique augmente le diamètre des artères fémorales et diminue les forces de cisaillement à l’écoulement sanguin, le traitement substitutif est sans effet sur le diamètre interne des artères fémorales.

Dans cette étude, ni le traitement hormonal ni l’exercice physique n’affectait significativement la morphologie de l’artère carotide. Les auteurs font remarquer toutefois que l’épaisseur de la paroi des gros troncs élastiques comme la carotide est plus faible que celle des artères des muscles squelettiques, et que l’hypertrophie de la media avec l’âge était également plus progressive. Il est possible que les effets bénéfiques de la thérapie hormonale et de l’exercice physique sur la morphologie des artères carotidiennes ne se manifestent que plus tard dans la vie et nécessitent des durées d’intervention plus longues.
Effet d’un traitement hormonal substitutif et de l’exercice physique sur le diamètre, l’épaisseur de la paroi et les forces de cisaillement de l’artère fémorale chez des femmes âgées en moyenne de 62 ans (de 48 à 80 ans).
  Diamètre
mm
Epaisseur de la paroi
mm
Forces de cisaillement
dyn/cm2
Sédentaires non-traitées 8,4 0,579 1,5
Sédentaires traitées 8,3 0,515 1,9
Exercice non-traitées 9,2 0,506 1,2
Exercice traitées 8,8 0,458 1,5
Publié en Octobre 2002
Auteur : B. Corman - , 
Références : Moreau KL, Donato AJ, Seals DR, Dinenno FA, Blackett SD, Hoetzer GL, Desouza CA, TanakaH. Arterial intima-media thickness : site-specific associations with HRT and habitual exercise. Am. J. Pysiol.2002; 283: H1409-H1417.