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image description L’exercice physique réduit-il le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC)?
L’AVC est une pathologie invalidante, parfois fatale, qui touche près de 500 000 personnes aux Etats-Unis chaque année. Les principaux facteurs de risque actuellement identifiés sont l’hypertension artérielle et les pathologies cardiaques. La mesure de prévention la plus directe consiste à traiter l’hypertension, ce qui a effectivement pour effet de réduire la fréquence des AVC chez les patients qui suivent leur traitement. L’exercice physique est une autre approche préventive qui a également été préconisée pour réduire ce risque, soit en agissant directement sur la pression artérielle, soit par un mécanisme propre. Toutefois, le faible nombre d’accidents vasculaires cérébraux dans certaines études rend difficile toute conclusion définitive sur le rôle potentiel de l’exercice physique en prévention primaire. Pour pallier cette faiblesse des effectifs dans la plupart des études de cohortes ou d’intervention, une équipe américaine d’épidémiologistes vient de réaliser une méta-analyse des articles publiés entre 1966 et 2000 sur les AVC et l’activité physique.

Pour être sélectionnée, une publication devait être écrite en anglais, mentionner le nombre d’accidents vasculaires cérébraux et classer l’activité physique en 3 niveaux au moins, faible, modéré ou intense. Dix huit études de cohorte, dont 11 en provenance des Etats-Unis et 7 d’Europe ou du Japon, et 5 études cas-contrôles, dont une américaine, deux européennes et une australienne, ont répondu à ces critères. La durée moyenne de suivi dans les études de cohorte était de 12,3 ans, allant de 2 ans pour la plus courte à 32 ans pour la plus longue. L’âge des participants était variable d’une publication à l’autre. Il était presque toujours supérieur à 40 ans au début de l’étude pour les sujets les plus jeunes et était de 88 ans pour les plus âgés.

Dans les études de cohortes, lorsque les sujets ayant l’activité physique la plus importante étaient comparés à ceux ayant l’activité la plus faible, le risque relatif d’accident vasculaire cérébral était inférieur à 1 dans 14 études et supérieur à 1 dans 4 publications. Lorsque toutes ces valeurs étaient moyennées, le risque relatif d’AVC ou de mortalité était inférieur de 25% dans le groupe ayant la plus grande activité physique comparé au moins actif. Dans les 5 études cas-contrôles, les résultats étaient plus tranchés. Le risque était toujours inférieur chez les sujets présentant le plus haut niveau d’activité physique, avec une réduction moyenne de 64%. Lorsque les résultats des études de cohorte et cas-contrôles étaient combinés, le risque relatif d’accident vasculaire cérébral était inférieur de 27% pour les personnes les plus actives. La segmentation des AVC selon leur mode ischémique ou hémorragique aboutissait à des résultats comparables : risque relatif de 0,79 pour les accidents ischémiques et de 0,66 pour les accidents hémorragiques en faveur des personnes les plus actives.

La même analyse, comparant cette fois le groupe ayant une activité physique modérée à celui qui avait l’activité la plus faible montre une réduction du risque d’AVC de 17% dans les études de cohorte et de 48% dans les études cas-contrôles. En regroupant ces deux types de travaux, la réduction moyenne du risque d’accident vasculaire cérébral était de 20%.

Si cette méta-analyse met bien en évidence une réduction du risque d’AVC liée à une activité physique modérée ou intense, leurs auteurs sont bien conscients des limites de ce type d’étude. En effet, la nature et l’intensité de l’exercice physique différaient souvent entre les publications. On peut ainsi penser qu’un programme de prévention bien adapté puisse avoir un effet supérieur à la réduction moyenne du risque d’AVC mise en évidence dans ce travail. Quant aux mécanismes sous jacents, on peut évoquer une possible baisse de pression artérielle, une amélioration du profil lipidique, une meilleure fonction endothéliale, un rôle propre anti-thrombotique, autant de paramètres améliorés par l’activité physique et qui peuvent avoir une répercussion bénéfique sur le risque d’accident vasculaire cérébral.
Risque relatif d’accident vasculaire ou de mortalité des individus ayant une activité physique importante par rapport à ceux qui ont une faible activité.
  Risque relatif
(IC à 95%)
p
Etudes de cohorte 0,75 (0,69-0,82) < 0,001
Etudes cas-contrôles 0,36 (0,25-0,52) 0,04
Accidents hémorragiques 0,66 (0,48-0,91) < 0,001
Accidents ischémiques 0,79 (0,69-0,91) < 0,001
Publié en Décembre 2003
Auteur : B. Corman - , 
Références : Lee CD, Folsom AR, Blair SN. Physical activity and stroke risk: a meta-analysis. Stroke. 2003; 34: 2475-82.