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image description L’hypotension postprandiale et l’hypotension orthostatique sont fréquentes et souvent associées chez les patients âgés hospitalisés
La prévalence de l’hypotension postprandiale ainsi que de l’hypotension orthostatique augmente avec l’âge. De plus, un certain nombre de médicaments et de pathologies, comme la maladie de Parkinson, favorisent ces baisses tensionnelles surtout fréquentes en première partie de journée. Un travail antérieur avait montré que ces deux types d’hypotension n’étaient que rarement retrouvés chez la même personne. Devant le peu de données disponibles sur ce trouble hémodynamique chez les patients fragiles hospitalisés, une équipe hollandaise s’est proposée d’en rechercher la prévalence et de préciser les signes cliniques propres à chacun de ces deux types de chute de pression artérielle.

Les patients admis dans deux services de gériatrie au cours d’une période de 9 mois ont été inclus dans l’étude. Les critères d’exclusion étaient les suivants : incapacité à coopérer, pathologies infectieuses graves, confusion, diabète insulino-dépendant, présence d’un pacemaker cardiaque, médication intraveineuse, difficulté à s’alimenter par voie orale. Au total, 85 patients âgés de 60 à 98 ans (moyenne 80 ± 7 ans) ont répondu à ces critères. La pression artérielle était mesurée en ambulatoire au niveau du bras à l’aide d’un appareil automatique. La valeur de référence était mesurée le matin en position allongée après au moins 5 minutes de repos. Une hypotension orthostatique était définie par une baisse tensionnelle systolique = 20 mmHg au cours des 3 min suivant le passage en orthostatisme. Ces mesures étaient répétées deux jours de suite. Les patients étaient ensuite invités à rester assis pendant 20 min puis devaient absorber en 10 min un repas liquide constitué de 100 mL de sirop de glucose et 100 mL de lait sans lactose contenant 65 g de glucides, 2 g de lipides et 4 g de protéines, le tout à température ambiante. La pression artérielle et la fréquence cardiaque étaient mesurées toutes les 10 min. Une hypotension postprandiale était définie comme une baisse tensionnelle systolique = 20 mmHg au cours des 90 min qui suivaient l’ingestion de ce repas.

Une hypotension postprandiale était retrouvée chez 67% des patients. La chute maximale de pression systolique était de 34 ± 15 mmHg chez les sujets qui présentaient une hypotension postprandiale. Chez ces derniers, la pression artérielle systolique de départ était plus élevée (155 mmHg) que chez les sujets qui ne présentaient pas d’hypotension (132 mmHg). Par ailleurs, les dix patients qui souffraient de fibrillation auriculaire et les 4 patients qui avaient des antécédents d’accident vasculaire cérébral ont présenté une hypotension postprandiale.

Une hypotension orthostatique était observée chez 44 patients, au moins une fois chez 17 d’entre eux et lors des deux mesures chez 27 sujets. La chute maximale de pression systolique était en moyenne de 36 ± 25 mmHg lors du premier test et de 33 ± 30 mmHg lors du second. La baisse maximale de pression systolique était corrélée au nombre de prescriptions médicamenteuses et à la pression systolique de départ.

Les deux types d’hypotension étaient présents chez 38% des patients et seulement 16 sujets, soit 19%, ne manifestaient ni hypotension postprandiale ni orthostatique. Chez ces derniers, la pression systolique de départ était significativement plus basse que chez ceux qui présentaient les deux types d’hypotension ou seulement l’hypotension postprandiale.

La symptomatologie, présente dans plus de 60% des cas, était très différente dans les deux situations. Si la sensation vertigineuse, l’instabilité et le risque de chute dominaient le tableau de l’hypotension orthostatique, la somnolence, les nausées, la fatigue, les bâillements et le risque de syncope étaient les signes les plus fréquents en cas d’hypotension postprandiale.

L’hypotension orthostatique et l’hypotension postprandiale sont donc très fréquentes chez les patients âgés fragiles puisque l’une ou l’autre forme est retrouvée chez 81% d’entre eux. Ces deux types d’hypotension surviennent fréquemment chez les mêmes sujets avec une symptomatologie distincte. Compte tenu de leurs prévalences, la prédisposition à de telles chutes tensionnelles devrait être systématiquement recherchée chez les patients à risque afin de prévenir la survenue de complications potentielles.
Prévalence combinée de l’hypotension orthostatique et de l’hypotension postprandiale exprimée en pourcentage de la population de l’étude.
  Présence d’une hypotension postprandiale Absence d’hypotension postprandiale Total
Présence d’une hypotension orthostatique 38% 14% 52%
Absence d’hypotension orthostatique 29% 19% 48%
Total 67% 33% 100%
Publié en Décembre 2005
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Vloet LCM, Pel-Little RE, Jansen PAF, Jansen RWMM. High prevalence of postprandial and orthostatic hypotension among geriatric patients admitted to Dutch hospitals. J Gerontol. Med Sci. 2005; 60 : 1271-1277