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image description Liens entre maladies vasculaires et symptômes parkinsoniens modérés
La présence de signes parkinsoniens, comme la rigidité et la bradykinésie, est fréquemment retrouvée lors de l’examen clinique chez des sujets âgés qui ne sont pas connus pour avoir une maladie neurologique. On ne sait pas si ces signes parkinsoniens modérés sont le reflet d’un déclin de l’activité dopaminergique nigrostriatale, d’une dégénérescence précoce du ganglion basal ou d’atteintes vasculaires de ce même ganglion ou de la substance blanche. Néanmoins, il existe des éléments en faveur du rôle de ces modifications pathologiques vasculaires dans la survenue de certains signes parkinsoniens modérés comme la rigidité et les troubles de la marche. Les atteintes sous-corticales de la substance blanche et les infarctus lacunaires apparaissent le plus souvent lors de l’existence de pathologies vasculaires systémiques.

Cette étude nord-américaine a voulu démontrer le lien entre l’existence de signes parkinsoniens modérés et la présence de maladies vasculaires chez des sujets de plus de 65 ans ambulatoires. Il s’agissait d’une vaste cohorte de 2286 personnes d’âge moyen 77 ans dont 67 % étaient des femmes. Chaque sujet a bénéficié d’une recherche des signes parkinsoniens par les items moteurs de l’UPDRS, de tests neuropsychologiques et d’une évaluation de la dépression. Les patients déments et ayant une maladie de Parkinson ont été exclus. Les antécédents et les différentes pathologies de chaque individu ont été recensés. Les pathologies vasculaires comprenaient l’hypertension artérielle (HTA), le diabète, l’infarctus, l’insuffisance cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l’artérite.

Des signes parkinsoniens modérés étaient présents chez 16,4% des sujets sous forme de troubles axiaux dans 7,3% des cas, de rigidité dans 9,7% des cas et de tremblements dans 4,1% des cas. Cette population était plus âgée que celle indemne de signes parkinsoniens modérés (80,2 ans versus 76,4 ans) et avait un plus faible niveau d’éducation. Il y avait plus de maladies vasculaires chez les sujets ayant des signes parkinsoniens modérés que chez les autres, même après exclusion des AVC (en moyenne 1,37 vs 1,15 pathologies). Il n’y avait pas de différence pour les autres pathologies. Le risque d’avoir des signes parkinsoniens modérés augmentait avec le nombre d’atteintes vasculaires même après ajustement au sexe, à l’âge et au niveau d’éducation. Pour chaque pathologie vasculaire, le risque d’avoir des signes parkinsoniens modérés augmentait de 31%. L’association diabète-maladie cardiaque augmentait le risque de 70% et lorsqu’il y avait un AVC en plus, celui-ci était majoré de 332% !

La présence de pathologies vasculaires était fortement associée à l’existence d’une rigidité à l’examen. Par contre, il y avait la même proportion de sujets ayant une HTA ou un antécédent d’hypertension dans les deux groupes. Le fait d’avoir une cohorte avec 80% d’hypertendus est probablement un biais qui explique l’absence de lien avec l’HTA alors que plusieurs études ont montré l’inverse. Le mécanisme explicatif le plus probable repose sur un lien entre l’accumulation de modifications pathologiques vasculaires au niveau du ganglion basal et de la substance blanche des régions sous-corticales et une interruption possible des connections neuronales entre le cortex frontal, le thalamus et le striatum.

Certaines maladies vasculaires sont donc associées à l’existence de signes parkinsoniens modérés et à leur progression. Le dépistage et la prise en charge précoces de ces maladies devraient probablement réduire l’apparition de signes de type parkinsonien. Une étude prospective avec imagerie cérébrale et évaluation des différents facteurs de risque vasculaire permettrait d’étayer ces arguments et de mieux comprendre l’impact des pathologies vasculaires sur le fonctionnement du cerveau.
Association entre maladies vasculaires et signes parkinsoniens modérés.
  Odds ratio (IC à 95%) p
Diabète + maladies cardiaques 1,70 (1,10-2,62) 0,002
Diabète + maladies cardiaques + AVC 3,32 (1,47-7,52) 0,004
Publié en Juin 2006
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Louis ED, Luchsinger JA. History of vascular disease and mild parkinsonian signs in community-dwelling elderly individuals. Arch Neurol. 2006;63:717-722