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image description Maladie d'Alzheimer et prise d'AINS
Une étude épidémiologique néerlandaise a analysé la relation qui pouraît exister entre la survenue d 'une démence, maladie d 'Alzheimer ou démence vasculaire, et la prise d 'anti inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Des observations très contradictoires, rapportées jusque là dans la littérature, sont à l'origine de ce travail.

Cette étude a porté sur une cohorte de près de 7000 volontaires, âgés de 55 ans et plus, qui ne présentaient pas de démence initialement. Les auteurs se proposaient d'évaluer le risque de survenue de maladie d'Alzheimer en fonction de la prise d'AINS, prise documentée par l'analyse des ordonnances de chaque patient.

Quatre catégories d'utilisateurs d'AINS ont été définies : absence de prise ; cure courte (1 mois maximum de doses cumulées) ; cure intermédiaire (plus d'un mois d'utilisation et moins de 2 ans de doses cumulées) ; et prise au long court (plus de 24 mois de traitement cumulé).

Après un suivi d'étude de près de 7 ans, le diagnostic de démence a été porté chez 394 patients. Parmi eux, 293 présentaient une maladie d'Alzheimer, 56 présentaient une démence vasculaire et pour 45 patients un autre type de démence était diagnostiqué.Par rapport au groupe ne prenant pas ces traitements, le risque relatif de développer une maladie d'Alzheimer est de 0,95 chez les patients prenant des AINS sur une courte période, de 0,83 pour une prise intermédiaire et de 0,20 lors d'une prise au long cours. Pour tous les types de consommation confondus, le risque relatif de développer la maladie était de 0,86. Le risque ne variait pas en fonction de l'âge. En revanche, aucune corrélation n'a pu être retrouvée entre la prise d'AINS et une éventuelle réduction du risque de survenue d'une démence vasculaire. Concernant les patients prenant de l'acide salicylique, aucune relation n'est retrouvée entre la prise de ce traitement et le risque de voire se développer une maladie d'Alzheimer.

Une prise au long cours d'AINS, pendant 24 mois ou plus, semble protéger de la maladie d'Alzheimer, mais pas d'une démence vasculaire. Cette réduction significative du risque d'apparition de la maladie n'est modifiée ni par l'âge, ni par le génotype de l'apolipoprotéine E des patients étudiés. Ce travail conforte l'hypothèse d'un processus inflammatoire dans la physiopathologie de la maladie d'Alzheimer. Le rôle d'une prise d'AINS au long cours en prévention primaire de cette maladie reste a étudier, tout en connaissant les risques potentiels qu'ils peuvent engendrer.
  Nombre de patients
(n = 6989)
Patients présentant
une démence

(n = 394)
Risque Relatif
(95 % IC)
Niveau d'éducation
 - Bas
  - Elevé

4407
2379

271
82

1,00
0,53
Age
 - moins de 65 ans
 - 66 à 75 ans
 - plus de 75 ans

3162
2323
1504

25
127
242

1,00
6,62
29,6
AINS
 - Aucune prise
 - moins d'1 mois
 -1 à 23 mois
 - plus de 24 mois

2553
2001
2202
233

210
88
93
3
M.Alzheimer/Vasculaire
1,00/1,00
0,95/1,25
0,83/1,36
0,20/0,99
Salycilés
 - Aucune prise
 - moins d'1 mois
 -1 à 23 mois
 - plus de 24 mois

4675
285
1017
1012

252
7
93
42
M.Alzheimer/Vasculaire
1,00/1,00
0,76/-
1,30/2,99
0,76/4,88
Publié en Janvier 2002
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : In't Velt BA, Ruittenberg A, Hofman A, Launer LJ, Van Duijn CM, Stijnen T, Breteler MB, Stricker BHC. Nonsteroidal antiinflammatory drugs and the risk of Alzheimer's desease N Engl J Med 2001 ; 345, 1515-1521