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image description Peut-on empêcher l’accumulation cérébrale de peptide β-amyloïde ? Un essai de séquestration plasmatique.
Le peptide β-amyloïde (βA) résulte du clivage de la protéine précurseur (APP) par les β- et γ-sécrétases. L’accumulation et/ou l’agrégation de ce peptide, sous ses deux formes à 40 ou 42 acides aminés, est un phénomène essentiel dans la pathogenèse de la maladie d’Alzheimer par les atteintes entraînées au niveau des cellules. Une des approches thérapeutiques envisagées est la réduction du peptide amyloïde dans le système nerveux central par des anticorps dirigés contre ce peptide. Dans cette perspective, les anticorps administrés en périphérie atteindraient le cerveau par voie sanguine, se lieraient aux peptides présents dans les plaques séniles et stimuleraient la phagocytose des complexes peptides/anticorps par la microglie. D’autre part, la présence d’anticorps anti-βA favoriserait le flux de ce peptide du cerveau vers la périphérie. Cependant, les essais de traitement pratiqués dans ce cadre par immunothérapie ont dû être abandonnés suite aux réactions présentées par les patients. L’étude présentée reste dans la ligne d’une séquestration en périphérie du peptide βA, mais propose des substances qui se lient à ce peptide sans stimuler de réaction immunologique : la protéine de sécrétion gelsoline et le ganglioside GM1. Ces deux substances sont exclues à plus de 99% du parenchyme cérébral.

La gelsoline et le GM1 sont administrés par voie intrapéritonéale à des souris transgéniques exprimant l’APP et la préséniline. Le GM1 est aussi perfusé dans le liquide cérébroventriculaire. L’efficacité de l’administration est évaluée par le taux du peptide β-amyloïde dans le cerveau et le sang, comparé à celui mesuré chez des animaux contrôles. Les animaux sont testés à deux âges : 9-10 semaines et 6-7 mois.

Les analyses montrent que : la gelsoline réduit le peptide βA dans le cerveau des souris jeunes le GM1 réduit le peptide βA dans le cerveau des souris jeunes le GM1 ne réduit pas le peptide βA dans le cerveau des souris âgées, déjà touchées par les atteintes cellulaires. bA en picomoles par gramme de tissu cérébral Les données sont exprimées en moyenne ± déviation standard.

L’action des ces deux substances est claire : elles favorisent la séquestration de peptide βA dans le plasma et dans cette perspective elles pourraient être envisagées comme moyens préventifs d’une accumulation cérébrale, à condition d’être mis en place précocement. Il reste à déterminer si la séquestration périphérique de peptide βA empêche l’entrée dans le cerveau ou exalte la sortie de ce peptide vers le sang.
βA en picomoles par gramme de tissu cérébral
Les données sont exprimées en moyenne ± déviation standard.
Traitement n βA40 βA42
Contrôles
Gelsoline
7
6
199 ± 29
89 ± 22
226 ± 46
95 ± 30
Contrôles
GM1
7
6
199 ± 29
112 ± 23
226 ± 46
104 ± 28
Publié en Janvier 2003
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Matsuoka Y, Saito M, LaFrancois J, Saito M, Gaynor K, Olm V, Wang L, Casey E, Lu Y, Shiratori C, Lemere C and Duff K. Novel Therapeutic approach for the treatment of Alzheimer’s disease by peripheral administration of agents with an affinity to β-