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Prévalence de l’anémie dans une population de patients âgés présentant une insuffisance cardiaque diastolique
Les patients âgés ayant une insuffisance cardiaque systolique présentent souvent une anémie concomitante, qui peut aggraver leur pathologie cardiaque. La fréquence de l’anémie chez les patients présentant une insuffisance cardiaque à fraction d’éjection normale n’était jusqu’à présent pas connue, de même que la répercussion de cette association sur l’évolution de l’insuffisance cardiaque. Cette étude américaine avait pour but d’évaluer cette fréquence et d’estimer son retentissement sur la sévérité de la maladie.
Les 137 patients ont été inclus entre le 1er novembre 2001 et le 1er août 2002. Tous présentaient une insuffisance cardiaque et avaient eu une échographie cardiaque récente, ne montrant pas d’altération de la fraction d’éjection (> 50%) ainsi qu’un dosage du peptide natriurétique B (BNP). Aucun patient n’avait de maladie vasculaire ou coronaire active. La fréquence de l’anémie a été comparée à celle d’une population de 101 patients ayant une insuffisance cardiaque et une fraction d’éjection < 50%, évaluées dans le même centre à la même période. L’insuffisance cardiaque était diagnostiquée d’après des critères cliniques, sans connaissance des résultats de l’hémoglobine et de l’échographie cardiaque. L’anémie était définie d’après les critères de l’OMS (Hb < 12g/dl chez la femme, Hb < 13g/dl chez l’homme). Cent trente deux patients ont été suivis pendant deux ans en moyenne (330 ± 200 jours).
L’analyse statistique a été effectuée par la méthode de Kaplan-Meier et les courbes de survie ont été calculées suivant le modèle de Cox. Quarante-cinq pour cent des patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique avaient une anémie alors que celle-ci concernait 42% des sujets avec une insuffisance cardiaque systolique. Il n’y avait pas de différence entre les patients avec et sans anémie. Les patients anémiés avaient une créatininémie et une concentration de BNP plus élevées, présentaient plus souvent des troubles du remplissage diastolique, une vélocité mitrale plus élevée et une tendance au diabète plus importante que ceux sans anémie. Les patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique et une anémie avaient une survie plus faible et une survie sans hospitalisation moindre, indépendamment du sexe, de la présence d’une HTA ou d’un diabète, de la créatininémie ou de la prise de cardiotropes.
Cette étude montre que, comme pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque systolique, l’anémie est un facteur d’aggravation des patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique. L’anémie peut ainsi être un facteur de décompensation cardiaque chez ces patients et son traitement, curatif et préventif, fait partie de leur prise en charge globale.
Publié en Juin 2004
Les 137 patients ont été inclus entre le 1er novembre 2001 et le 1er août 2002. Tous présentaient une insuffisance cardiaque et avaient eu une échographie cardiaque récente, ne montrant pas d’altération de la fraction d’éjection (> 50%) ainsi qu’un dosage du peptide natriurétique B (BNP). Aucun patient n’avait de maladie vasculaire ou coronaire active. La fréquence de l’anémie a été comparée à celle d’une population de 101 patients ayant une insuffisance cardiaque et une fraction d’éjection < 50%, évaluées dans le même centre à la même période. L’insuffisance cardiaque était diagnostiquée d’après des critères cliniques, sans connaissance des résultats de l’hémoglobine et de l’échographie cardiaque. L’anémie était définie d’après les critères de l’OMS (Hb < 12g/dl chez la femme, Hb < 13g/dl chez l’homme). Cent trente deux patients ont été suivis pendant deux ans en moyenne (330 ± 200 jours).
L’analyse statistique a été effectuée par la méthode de Kaplan-Meier et les courbes de survie ont été calculées suivant le modèle de Cox. Quarante-cinq pour cent des patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique avaient une anémie alors que celle-ci concernait 42% des sujets avec une insuffisance cardiaque systolique. Il n’y avait pas de différence entre les patients avec et sans anémie. Les patients anémiés avaient une créatininémie et une concentration de BNP plus élevées, présentaient plus souvent des troubles du remplissage diastolique, une vélocité mitrale plus élevée et une tendance au diabète plus importante que ceux sans anémie. Les patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique et une anémie avaient une survie plus faible et une survie sans hospitalisation moindre, indépendamment du sexe, de la présence d’une HTA ou d’un diabète, de la créatininémie ou de la prise de cardiotropes.
Cette étude montre que, comme pour les patients atteints d’insuffisance cardiaque systolique, l’anémie est un facteur d’aggravation des patients présentant une insuffisance cardiaque diastolique. L’anémie peut ainsi être un facteur de décompensation cardiaque chez ces patients et son traitement, curatif et préventif, fait partie de leur prise en charge globale.
| Variable | Pas d’anémie (n=75) | Anémie (n=62) | p |
| Age (années) | 65 ± 15 | 65 ± 14 | NS |
| Femmes | 59% | 55% | NS |
| Hématocrite | 0,40 ± 0,03 | 0,32 ± 0,04 | |
| Diabète | 12 (16%) | 18 (29%) | 0,07 |
| HTA | 57 (76%) | 52 (84%) | NS |
| Coronaropathie | 43 (57%) | 37 (60%) | NS |
| Créatininémie (mg/l) | 1,25 ± 0,24 | 1,61 ± 0,5 | 0,0002 |
| Fraction d’éjection | 61 ± 7% | 62 ± 40% | NS |
| Pic systolique mitral (cm/s) | 6,8 ± 1,5 | 6,9 ± 2,1 | NS |
| Masse du VG (g) | 194 ± 85 | 213 ± 77 | NS |
| BNP (pg/ml) | 160 ± 240 | 322 ± 331 | 0,01 |
Auteur :
S. Moulias - Hôpital Ambroise Paré, Boulogne-Billancourt
Références : Brucks S, Little WC, Chao T, Rideman RL, Upadhya B, Wesley-Farrington D, Sane DC. Relation of anemia to diastolic heart failure and the effect on outcome. Am J Cardiol. 2004 ;93 :1055-1057.