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Prévalence de l'intolérance au glucose après un accident ischémique transitoire (AIT) ou un accident vasculaire cérébral ischémique (AVC)
L'intolérance au glucose augmente l'incidence des maladies cardio-vasculaires, la mortalité vasculaire et la mortalité toutes causes confondues. On sait que l'hyperglycémie est associée à une insulinorésistance, à des phénomènes inflammatoires vasculaires, à une hypertension artérielle, à une dyslipidémie et à une athérosclérose accélérée. Des essais thérapeutiques ont déjà été réalisés pour tenter de limiter les effets délétères de l'intolérance au glucose. Ils reposaient sur des mesures hygiéno-diététiques qui réduisaient l'incidence du diabète et sur l'utilisation de traitements antidiabétiques comme les thiazolidinediones, les inhibiteurs de l'a-glucosidase et les biguanides chez des sujets à haut risque. La baisse de l'hyperglycémie post-prandiale entraînait une réduction des évènements cardio-vasculaires majeurs versus placebo.
Malgré la prise d'anti-agrégants plaquettaires les patients ayant eu un AVC restent à haut risque de récidive d'évènements vasculaires. Le but de cette étude américaine était de montrer la prévalence de l'intolérance au glucose dans une cohorte de patients atteints d'une pathologie cérébro-vasculaire symptomatique. Les participants, hommes et femmes, de plus de 45 ans, étaient admis à l'hôpital pour AVC non invalidant ou AIT, sans diabète patent. Dans un deuxième temps, ils étaient soumis en hôpital de jour à un interrogatoire, un examen clinique et à une hyperglycémie orale provoquée avec mesures de la glycémie sanguine. En effet, une méta-analyse récente a montré que le dosage de la glycémie deux heures après un test d'hyperglycémie orale provoquée était un meilleur facteur prédictif de décès quelle qu’en soit la cause, que la glycémie à jeun. Les valeurs étaient définies selon les recommandations de la société américaine du diabète : glycémie normale pour des valeurs deux heures après le test < 7,8 mmol/l, intolérance au glucose quand la glycémie était ≥ 7,8 mmol/l et < 11,1 mmol/l et diabète latent ≥ 11,1 mmol/l.
Durant trois ans, 98 sujets ont été inclus. L'âge moyen était de 71 ans (48-90), la majorité était des hommes (60 %), de race blanche (84 %), avec un AVC dans 85 % des cas. Le temps moyen entre l'accident et l'hyperglycémie orale provoquée était de 105 jours (24-180). Après le test, 28 % présentaient une intolérance au glucose et 24 % étaient pré-diabétiques. Après analyse statistique, seuls une glycémie à jeun à la limite supérieure de la norme et un faible périmètre abdominal étaient associés à une augmentation du risque d'avoir une glycémie anormale (≥ 7,8 mmol/l) après l'hyperglycémie orale provoquée. Dans cette étude, l'intolérance au glucose existait chez plus de la moitié des patients au décours d'un AVC ou d'un AIT récent alors qu'ils n'étaient pas diabétiques et qu'ils avaient une glycémie à jeun < 7,0 mmol/l. Plusieurs facteurs de risque reconnus d'hyperglycémie n'étaient pas prédictifs de l'existence d'une intolérance au glucose comme l'âge, l'obésité et l'augmentation du périmètre abdominal. Ce dernier paramètre semblait au contraire protecteur. Une faible masse maigre réduisait peut-être la clairance du glucose dans le muscle squelettique.
Chez des patients hospitalisés après un AVC aigu, l'hyperglycémie était présente dans 50 % des cas. On sait qu'elle est associée à une augmentation du risque de décès à l'hôpital et à un mauvais pronostic fonctionnel à 3 mois. Des essais cliniques chez des malades en réanimation ont montré qu'un traitement rigoureux par insuline de l'hyperglycémie réduisait la mortalité de plus de 40 %. De même, la plupart des essais cliniques sur l'intolérance au glucose réalisés chez des sujets d'âge moyen montrent que des médicaments comme l'acarbose, la metformine et la troglitazone réduisent la glycémie à jeun, les facteurs de risque vasculaire et la survenue de diabète. D'où l'hypothèse qu'un traitement précoce de l'intolérance au glucose dans les accidents vasculaires cérébraux réduirait le risque de récidive et de mortalité. De nouveaux essais seront nécessaires sur une plus vaste population pour prouver l'intérêt d'une telle thérapeutique.
Publié en Mars 2005
Malgré la prise d'anti-agrégants plaquettaires les patients ayant eu un AVC restent à haut risque de récidive d'évènements vasculaires. Le but de cette étude américaine était de montrer la prévalence de l'intolérance au glucose dans une cohorte de patients atteints d'une pathologie cérébro-vasculaire symptomatique. Les participants, hommes et femmes, de plus de 45 ans, étaient admis à l'hôpital pour AVC non invalidant ou AIT, sans diabète patent. Dans un deuxième temps, ils étaient soumis en hôpital de jour à un interrogatoire, un examen clinique et à une hyperglycémie orale provoquée avec mesures de la glycémie sanguine. En effet, une méta-analyse récente a montré que le dosage de la glycémie deux heures après un test d'hyperglycémie orale provoquée était un meilleur facteur prédictif de décès quelle qu’en soit la cause, que la glycémie à jeun. Les valeurs étaient définies selon les recommandations de la société américaine du diabète : glycémie normale pour des valeurs deux heures après le test < 7,8 mmol/l, intolérance au glucose quand la glycémie était ≥ 7,8 mmol/l et < 11,1 mmol/l et diabète latent ≥ 11,1 mmol/l.
Durant trois ans, 98 sujets ont été inclus. L'âge moyen était de 71 ans (48-90), la majorité était des hommes (60 %), de race blanche (84 %), avec un AVC dans 85 % des cas. Le temps moyen entre l'accident et l'hyperglycémie orale provoquée était de 105 jours (24-180). Après le test, 28 % présentaient une intolérance au glucose et 24 % étaient pré-diabétiques. Après analyse statistique, seuls une glycémie à jeun à la limite supérieure de la norme et un faible périmètre abdominal étaient associés à une augmentation du risque d'avoir une glycémie anormale (≥ 7,8 mmol/l) après l'hyperglycémie orale provoquée. Dans cette étude, l'intolérance au glucose existait chez plus de la moitié des patients au décours d'un AVC ou d'un AIT récent alors qu'ils n'étaient pas diabétiques et qu'ils avaient une glycémie à jeun < 7,0 mmol/l. Plusieurs facteurs de risque reconnus d'hyperglycémie n'étaient pas prédictifs de l'existence d'une intolérance au glucose comme l'âge, l'obésité et l'augmentation du périmètre abdominal. Ce dernier paramètre semblait au contraire protecteur. Une faible masse maigre réduisait peut-être la clairance du glucose dans le muscle squelettique.
Chez des patients hospitalisés après un AVC aigu, l'hyperglycémie était présente dans 50 % des cas. On sait qu'elle est associée à une augmentation du risque de décès à l'hôpital et à un mauvais pronostic fonctionnel à 3 mois. Des essais cliniques chez des malades en réanimation ont montré qu'un traitement rigoureux par insuline de l'hyperglycémie réduisait la mortalité de plus de 40 %. De même, la plupart des essais cliniques sur l'intolérance au glucose réalisés chez des sujets d'âge moyen montrent que des médicaments comme l'acarbose, la metformine et la troglitazone réduisent la glycémie à jeun, les facteurs de risque vasculaire et la survenue de diabète. D'où l'hypothèse qu'un traitement précoce de l'intolérance au glucose dans les accidents vasculaires cérébraux réduirait le risque de récidive et de mortalité. De nouveaux essais seront nécessaires sur une plus vaste population pour prouver l'intérêt d'une telle thérapeutique.
| IDM | FA | HTA | Obésité | Obésité abdominale | Glycémie à jeun (moyenne) | AVC | Lacunes | Antécédents d'AVC | Sténose carotide |
| 13 % | 4 % | 62 % | 18 % | 46 % | 5,4 mmol/l | 85 % | 23 % | 12 % | 10 % |
Auteur :
N. Faucher - ,
Références : Kernan WN, Viscoli CM, Inzucchi SE, Brass LM, Bravata DM, Shulman GI, McVeety JC. Prevalence of abnormal glucose tolerance following a transient ischemic attack or ischemic stroke. Arch Intern Med. 2005 ; 165 : 227-233.