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image description Quel est le risque d’accident vasculaire cérébral après un accident ischémique transitoire ?

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) seraient précédés d’un accident ischémique transitoire dans près d’un cas sur 4. Déterminer le risque d’AVC dans les jours ou semaines qui suivent un accident ischémique transitoire, afin de mettre en œuvre des stratégies de prévention, constitue donc un enjeu majeur.

Les études disponibles pour déterminer ce risque ont été réalisées malheureusement avec des méthodologies très variées, ce qui empêche la plupart du temps une interprétation globale des résultats. Tout récemment, 2 méta-analyses ont été publiées sur le sujet.

La première étude, par Giles et collaborateurs, a porté sur une sélection de 18 cohortes parmi 11 350 publications. Ces cohortes permettaient de rassembler un total de 10 126 accidents ischémiques transitoires. Les auteurs avaient analysé le risque d’AVC à 7 jours et 90 jours. La moyenne d’âge des patients variait de 61,2 ans à 73,7 ans et la proportion d’hommes de 39% à 62% Le risque d’AVC dans les 2 jours suivant un accident ischémique transitoire était de 3,1% (IC à 95% : 2,0 à 4,1) et le risque du 3ème au 7ème jour était de 5,2% (IC à 95% : 3,9 à 6,5). La grande variabilité observée entre les études était en partie due à l’existence ou non d’une consultation spécialisée en neurologie au moment de l’admission en urgence à l’hôpital. Les études dans lesquelles une telle consultation spécialisée était réalisée montraient un risque à 2 jours et 7 jours respectivement de 0,6% (IC à 95% : 0,0 à 1,6%) et 0,9% (IC à 95% : 0,0 à 1,9%). Dans les études sans consultation spécialisée ces risques à 2 jours et 7 jours étaient respectivement de 3,6% (IC à 95% : 2,4 à 4,7%) et de 6,0% (IC à 95% : 4,7 à 7,3%). Sur ces études il n’était pas possible de réaliser d’analyse concernant les traitements administrés dans les suites des accidents ischémiques transitoires.

La 2ème méta-analyse de Wu et collaborateurs a porté sur 11 études, dont la plupart étaient incluses dans la méta-analyse précédente. L’objectif principal de cette méta-analyse était de déterminer le risque d’AVC à 2 jours, 30 jours et 90 jours d’un accident ischémique transitoire. Ce risque cumulé, aux 3 délais étudiés, était respectivement de 3,5% (IC à 95% : 2,1 à 5,0%), de 8,0% (IC à 95% : 5,7 à 10,2%) et de 9,2% (IC à 95% : 6,8% à 11,5%). Une grande variabilité des risques mesurés tenait au fait que certaines études effectuaient une recherche active des AVC après un épisode ischémique transitoire, contrairement aux autres études dans lesquelles la mesure de l’incidence des AVC n’était pas active. Les différences entre ces études figurent dans le tableau ci-dessous. A 3 mois, lorsque la recherche des AVC était systématique, l’incidence était élevée et proche de 20%.

En conclusion, si la survenue d’un accident ischémique transitoire est un facteur de risque bien identifié d’AVC dans les jours ou semaines qui suivent, il n’est pas possible de mesurer précisément ce risque. Ces 2 méta-analyses offrent une approche permettant de le situer entre 10 et 20% à 3 mois. Les études cumulées dans ces 2 méta-analyses étaient très hétérogènes, essentiellement en raison des protocoles choisis.

Il faut sans doute retenir que le risque d’AVC après un accident ischémique transitoire est très précoce, et qu’il est variable, notamment en fonction de l’existence d’une consultation neurologique en urgence ou non.


Risque d’AVC après un épisode d’accident ischémique transitoire, en fonction de la recherche active ou non d’AVC, et en fonction de la période d’observation.

Publié en Avril 2008
Auteur : L. Lechowski - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Giles MF, Rothwell PM. Risk of stroke early after transient ischaemic attack: a systematic review and meta-analysis. Lancet Neurol. 2007;6:1063-1072.
Wu CM, McLaughlin K, Lorenzetti DL, Hill MD, Manns BJ, Ghali WA. Early ri