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image description Quelle est la prévalence de la maltraitance et de la négligence chez le sujet âgé ?

La maltraitance est associée chez la personne âgée à une anxiété importante et à une sur-mortalité. Il est souvent difficile de la dépister du fait des non dits et des différents aspects qu’elle revêt. Elle se définit comme étant la « violation des droits d’un individu par une ou plusieurs personnes ». Les actes perpétrés contre le sujet peuvent être uniques ou multiples et d’ordre physique, psychique, sexuel, financier, discriminatoire. La négligence d’une personne âgée par un tiers rentre aussi dans ce cadre.

Il existe plusieurs outils validés pour mesurer la maltraitance. Les auteurs de cet article ont souhaité réaliser une revue systématique de la littérature sur ce sujet. Sur les 59 études retenues, seules 7 avaient utilisé des échelles de mesure validées. La prévalence de la maltraitance, toutes causes confondues, dans la population générale de sujets âgés varie de 3,2 à 27,5 % selon les études. Il semble exister une disparité entre les pays. Différentes études ont montré que les personnes âgées qui vivaient avec des sujets jeunes étaient plus à risque d’être maltraitées que les autres. Lorsqu’on interrogeait des sujets âgés ambulatoires, environ 6 % décrivaient une maltraitance dans le mois précédent l’étude et 5,6 % des couples rapportaient des relations physiquement violentes entre conjoints pendant l’année écoulée. Lorsqu’on s’intéressait plus spécifiquement aux sujets âgés dépendants, un quart d’entre eux déclaraient avoir subi une maltraitance psychique et 1/5 souffraient de négligence. Un tiers des aidants familiaux avouaient un acte de maltraitance.

En institution les chiffres variaient aussi : 55 % des soignants déclaraient avoir été témoins d’un acte qui pouvait être considéré comme une maltraitance, qu’elle soit physique ou psychique. En revanche, le nombre de signalements à l’encadrement était faible. De même, très peu de plaintes étaient effectuées auprès des autorités judiciaires. Dans une étude en Unité de Soins de Longue Durée, 16 % des professionnels déclaraient commettre des maltraitances psychologiques. Dans un autre article, 10 % des personnels soignants avouaient des violences physiques et 40 % au moins un acte de maltraitance psychologique dans l’année précédente. Enfin 3 à 5 % des patients pris en charge par des services de soins à domicile se plaignaient de mauvais traitements physiques. Les plaintes concernant des abus financiers variaient de 6 à 18 % selon les études mais les échelles utilisées ne sont pas validées.

Les sujets âgés vulnérables sont donc à haut risque de maltraitance. Celle-ci n’est pas toujours intentionnelle. Elle peut traduire une détresse chez l’aidant qui s’exprime sur un mode agressif. La faible densité en personnel soignant au lit du malade peut être source de maltraitance involontaire lors de soins effectués trop rapidement. Il est donc indispensable de former tous les soignants et de dépister au plus tôt une maltraitance. De même en consultation, le médecin doit y penser et interroger le patient et son aidant surtout lorsqu’il existe une dépendance psychique et ou physique importante.


Prévalence de la maltraitance dans les 7 études ayant utilisé des échelles validées.

Publié en Juin 2008
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Cooper C, Selwood A, Livingston G. The prevalence of elder abuse and neglect : a systematic review. Age Ageing. 2008;37:151-160.