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image description Quelle est l’incidence de la maladie de Parkinson après 80 ans ?

L’incidence de la maladie de Parkinson dans la population générale doublera au cours des prochaines générations du simple fait de l’augmentation de l’espérance de vie. En effet, l’âge est le facteur de risque principal pour cette maladie et son incidence croît de façon quasi exponentielle entre 55 et 79 ans. Qu’en est-il après 80 ans ? Une même tendance à l’augmentation continue-t-elle ? L’étude présentée visait à évaluer ce risque, d’autant plus inquiétant que la population âgée de 85 ans et au-delà représente la tranche d’âge qui augmente proportionnellement le plus dans les pays développés.

Les données ont été collectées à l’occasion d’une étude longitudinale relative à la prévention des maladies cardiovasculaires et du cancer entre 1982 et 2006. Au cours des 23 années de suivi, 563 cas de maladie de Parkinson ont été identifiés, ce qui représente une incidence de 121 cas / 100 000 personnes-années. L’incidence de la maladie augmente après l’âge de 60 ans pour présenter un pic entre 85 et 89 ans et décroître après 90 ans.



Le fait de fumer semble diminuer le risque de maladie. En effet, dans ce cas, l’incidence est de 113 cas / 100 000 personnes-années. L’analyse en fonction du tabagisme a donné les résultats suivants :


* Intervalle de confiance à 95%.

Cependant, si le tabagisme diminue le risque de maladie de Parkinson, cet effet apparemment protecteur pourrait être, en partie du moins, attribué au fait qu’il diminue l’espérance de vie en augmentant le risque de mortalité par d’autres pathologies.

La comparaison des résultats de cette étude avec des travaux réalisés dans d’autres états ou d’autres pays, donne les résultats suivants, pour des populations âgées de plus de 60-65 ans :



Dans ces différentes études, l’incidence de la maladie apparaît varier largement en fonction de la nationalité, de l’âge et des méthodes diagnostiques utilisées. Cependant, de façon générale, une augmentation est observée jusqu’à 89 ans et une diminution après 90 ans. Une même tendance serait observée pour l’incidence de la maladie d’Alzheimer. Le risque de maladie de Parkinson pour les femmes n’a pu être évalué précisément. Selon les données publiées, il serait environ 2 fois plus faible que chez les hommes, bien que la longévité des femmes soit plus importante.

Publié en Mars 2009
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Driver JA, Logroscino G, Gaziano JM, Kurth T. Incidence and remaining lifetime risk of Parkinson disease in advanced age. Neurology. 2009;72:432-438.