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image description Quelle survie après le diagnostic initial de maladie d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer est une maladie fréquente chez le sujet âgé et l’une des grandes causes de décès dans cette population. On sait en effet que les patients victimes de cette maladie ont une espérance de vie inférieure à celle des sujets du même âge indemnes de démence. Les auteurs de ce travail ont réalisé une étude observationnelle prospective pour connaître l’évolution de la maladie d’Alzheimer après le diagnostic initial, et l’impact sur la survie dans une population américaine communautaire sur une période de 15 ans. Ils ont pour cela utilisé un registre recensant toutes les personnes de la population générale de Seattle, âgées de plus de 60 ans, qui présentaient des symptômes récents évoquant une probable atteinte démentielle. Les personnes susceptibles de présenter une maladie d’Alzheimer potentielle ont été contactées pour participer à l’étude. Les observateurs ont évalué le type de symptômes, leur chronologie et leur ancienneté, le degré de gravité par le MMS et par une échelle définissant le stade de la démence ainsi que les co-morbidités.

Tous les patients retenus répondaient aux critères du DSM III pour la démence et du NINCDS pour le diagnostic d’Alzheimer. Au total, 521 personnes ont participé au suivi dont 431 ayant un Alzheimer probable et 90 un Alzheimer possible. La durée moyenne de survie était de 4,2 ans pour les hommes et 5,7 ans pour les femmes. Elle correspond à une diminution de l’espérance de vie par rapport à celle de la population générale américaine du même âge. Dans d’autres études, la survie était encore plus faible, 3,17 ans pour les hommes et 3,36 ans pour les femmes mais les sujets étaient plus âgés et en institution avec des stades plus avancés de la maladie. Les sujets de plus de 85 ans avec des troubles de la marche, une déambulation et des comorbidités comme le diabète et l’insuffisance cardiaque avaient une moins bonne survie. Les autres éléments prédictifs d’une diminution de la survie étaient le sexe masculin, un MMS bas, la présence de signes frontaux et extrapyramidaux, les antécédents de chutes et d’accidents vasculaires cérébraux, l’existence d’une incontinence urinaire et d’une cardiopathie ischémique. En revanche, l’origine ethnique, l’existence d’une hypertension artérielle, de symptômes psychiatriques, de troubles du comportement, de dépression ou l’ancienneté des symptômes au moment du diagnostic n’avaient pas d’influence sur la survie.

Les facteurs les plus prédictifs de réduction de la survie étaient un score bas au MMS et la sévérité des symptômes au moment du diagnostic. L’hypothèse selon laquelle un déclin cognitif brutal dans la première année est de mauvais pronostic s’est vérifiée: les patients perdant 5 points ou plus au MMS durant cette période avaient une augmentation du risque de mortalité d’environ 60 %. Les signes psychiatriques et les troubles du comportement n’étaient pas fortement corrélés avec la survie. Ils affectaient surtout la qualité de vie. Cette évaluation de la survie estimée chez ces patients pourrait ainsi améliorer leur prise en charge tant au niveau humain que financier.
Comparaison de l’espérance de vie entre population Alzheimer et population générale américaine.
  Patients ayant un Alzheimer Population générale
Hommes de 70 ans 4,4 9,3
Femmes de 70 ans 8,0 15,7
Hommes de 85 ans 3,3 4,7
Femmes de 85 ans 3,9 5,9
Publié en Mai 2004
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Larson E, Shadlen MF, Wang L, McCormick W, Bowen J, Teri L, Kukull W. Survival after initial diagnosis of Alzheimer disease. Ann Intern Med, 2004 ; 140: 501-509