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image description Religion, spiritualité et santé : impact sur une population âgée hospitalisée
La religion occupe une place importante aux Etats-Unis surtout chez les sujets âgés puisque 60 % des plus de 75 ans déclarent fréquenter de façon hebdomadaire un lieu de culte. Si les patients hospitalisés doivent affronter non seulement des symptômes physiques désagréables mais aussi un sentiment de non maîtrise des évènements, les croyances religieuses ou spirituelles peuvent les aider à faire face à ces expériences stressantes. On distingue trois dimensions importantes dans la pratique religieuse : - les activités structurées comme la présence à l’église ou au temple, ainsi que la participation à la prière ; - les activités non structurées qui correspondent à des comportements religieux plus privés et personnels (prière ou méditation, suivi TV ou radio d’émissions religieuses, lectures de livres) qui se font seul et qui n’impliquent pas forcement des relations avec un tiers ; - la religion intérieure.

Les sujets fortement impliqués dans la religion semblent mieux réagir aux changements de leur santé physique parce que leur estime de soi et leur perception du bien-être ne sont pas liés à l’état physique. Par ailleurs, de nombreuses personnes ne sont pas affiliées officiellement à une tradition religieuse ou sont même athées mais sont impliquées dans une quête spirituelle.

Cette étude transversale avait pour objectif d’examiner les effets de la religion et de la spiritualité sur le statut fonctionnel, l’état cognitif et le tissu social de patients âgés de 50 ans et plus admis dans un service de médecine en Caroline du Nord. Les données socio-démographiques recueillies, le patient était examiné et son dossier médical analysé. L’évaluation du tissu social, de la dépression, de la santé globale se faisait avec des échelles validées, celle des pratiques religieuses et spirituelles par un questionnaire. La population étudiée comptait 838 sujets d’âge moyen 64,3 ans avec 28 % de 65-74 ans et 18 % de plus de 75 ans. Les femmes représentaient 53,1 % de cette population et le niveau d’éducation était élevé. Un tiers des patients (31,1 %) était admis avec un diagnostic de maladie cardio-vasculaire, 19,3 % pour une pathologie digestive, 15 % pour une maladie pulmonaire chronique. La plupart des patients avaient plus de cinq pathologies associées et un mauvais statut fonctionnel. Les syndromes dépressifs étaient fréquents.

Quasiment tous les patients, 97,6%, affichaient une appartenance à une religion, 55 % se considéraient comme très croyants, 61 % comme ayant des aspirations spirituelles et 37, 3 % avaient une assiduité religieuse au moins hebdomadaire. Les pratiques religieuses et spirituelles étaient associées à moins de symptômes dépressifs, à de meilleures fonctions cognitives et à un plus grand degré de coopération à l’étude et aux soins, surtout chez les plus de 75 ans. Ces activités ont également un impact sur le développement du tissu social, facteur de bien être et de meilleure santé. Les activités religieuses organisées ou personnelles étaient liées à un meilleur statut fonctionnel, à une meilleure santé observée, à moins de maladies sévères et de co-morbidités. Plusieurs études ont montré que les pratiques religieuses pouvaient anticiper le développement d’un handicap fonctionnel. Il se peut que ces activités améliorent la santé physique en gardant les patients âgés ayant une maladie chronique, actifs et impliqués dans la vie communautaire. Par contre ceux qui ne se considéraient comme ni religieux et ni spirituels avaient une moins bonne santé, plus de comorbidités, plus de dépression et un moins bon tissu social.

Les résultats de cette équipe de chercheurs sont similaires à ceux d’autres études mais il faut garder à l’esprit que la population du sud des Etats-Unis est très religieuse, beaucoup plus qu’au nord du pays. On remarquera aussi qu’il existe de nombreuses confessions non retrouvées en Europe dans ce groupe de sujets hospitalisés et que la population était relativement jeune même si les résultats étaient plus marqués pour les plus âgés. Il semble ainsi que la religion et la spiritualité soient un gage de sociabilité, de bien être et de meilleure santé.
Religions pratiquées par les participants dans cette étude américaine
Religions Baptistes Méthodistes Eglise pentecôtiste Catholiques Presbytériens Episcopaux
N = 838 47,1 % 10,7 % 9,6 % 5 % 3 % 2,3 %
Publié en Juin 2004
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Koening H, George L, Titus P. Religion, spirituality and health in medically ill hospitalized older patients. J Am Geriatric Soc 2004; 52: 554-562