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image description Traitement par la Galantamine des troubles du comportement survenant au cours de la Maladie d’Alzheimer : analyse des données de 3 grandes études
La maladie d’Alzheimer se complique souvent de troubles du comportement variés, à tous les stades. Ces troubles sont souvent la raison principale d’augmentation de la charge de travail de l’aidant et de la précipitation de l’entrée en institution. Ils sont aussi associés à une augmentation des coûts directs et indirects. De fait, il semble particulièrement intéressant de développer des traitements curatifs et surtout préventifs de ces troubles chez ces patients. Deux études publiées, contre placebo, randomisées, en double aveugle, ont analysé l’effet de la galantamine sur les troubles du comportement dans les maladies d’Alzheimer légères à modérées. Toutes deux utilisaient le Neuropsychiatric Inventory (NPI) comme outil de dépistage et de surveillance des troubles comportementaux. La première a duré 3 mois et inclus 386 patients, sans modification significative entre le placebo et la galantamine. La deuxième a duré 5 mois et inclus 978 patients avec des effets notables en faveur de la galantamine. Un dernier essai n’est pas encore publié et a duré 6 mois. Les résultats présentés ont été tirés des données de ces 3 études.

Les auteurs ont voulu étudier les effets de la galantamine sur les troubles du comportement survenant au cours de la maladie d’Alzheimer. Après analyse de la littérature, ils ont séparé les troubles en 4 catégories en regroupant certaines perturbations liées à un mécanisme cholinergique et plus susceptibles d’être sensibles à un traitement anticholinestérasique.

Les données de 2033 patients présentant une maladie d’Alzheimer légère à modérée et ayant participé à l’une des 3 études contre placebo ont été étudiées. Ces sujets avaient reçu un placebo (n=686) ou de la galantamine (n=1347) à la dose totale quotidienne de 16, 24 ou 32 mg. Toutes ces études avaient les mêmes critères d’inclusion et de non-inclusion et les mêmes buts. Les troubles du comportement étaient évalués avec le NPI comportant 10 items. Quatre groupes de symptômes ont été définis a priori :
- hallucinations, illusions
- agitation, dépression, anxiété, apathie, irritabilité
- désinhibition, exultation, troubles du comportement moteur (déambulation en particulier)
- hallucinations, anxiété, apathie, troubles du comportement moteur.

Les 3 premiers sont identiques à ceux définis par le « Moderate to Severe Alzheimer Disease Study Group ». Le quatrième a été choisi sur l’hypothèse d’un syndrome de déficience cholinergique, auxquels ces troubles sont liés.

Les patients recevant la galantamine et ceux recevant le placebo étaient similaires en terme de données démographiques et de MMS au temps zéro. L’âge moyen était de 76 ± 7,7 ans, le MMS de 18,2 ± 3,9/30 et 62% étaient des femmes. Les sujets témoins ont montré une augmentation du score moyen au NPI alors que les patients qui ont reçu la galantamine avaient une diminution du score initial. Ces modifications étaient significatives entre les deux groupes. En particulier le score total au NPI, l’agitation, l’agressivité, l’anxiété, la désinhibition et les troubles du comportement moteur ainsi que les groupes 1, 3 et 4 de symptômes étaient améliorés par la galantamine. Comparés au groupe placebo, un pourcentage plus élevé de sujets traités par la galantamine a présenté une diminution de 30% ou plus du score initial. Ces effets, bien que significatifs, étaient cependant très modestes par rapport à ceux du placebo.

Dans cet échantillon groupé de plus de 2000 patients présentant une maladie d’Alzheimer à un stade léger à modéré, la galantamine semble apporter une amélioration modeste mais néanmoins statistiquement significative de certains troubles du comportement par rapport au placebo. Le groupe 4, regroupant hallucinations, anxiété, apathie, et troubles du comportement moteur, pourrait représenter des altérations du comportement sensibles à la réponse cholinergique. D’autres études, prospectives seront nécessaires pour déterminer si l’apparition des troubles du comportement liés au déficit cholinergique est retardée chez les patients sous anticholinergiques ou s’il s’agit d’un effet suspensif temporaire.
Publié en Novembre 2005
Auteur : S. Moulias - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Herrmann N, Rabheru K, Wang J, Binder C. Galantamine treatment of problematic bahavior in Alzheimer disease. Post-hoc analysis of pooled data from three large trials. Am J Geriatr Psychiatry. 2005; 13:527-534.