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image description Troubles cognitifs et composition de l’eau de boisson
La maladie d’Alzheimer est une pathologie neuro-dégénérative fréquente. Elle résulte de la combinaison de facteurs individuels et environnementaux. Il a été suggéré que la concentration en aluminium de l’eau de boisson était un de ces facteurs car cet élément est présent dans les plaques séniles et la dégénérescence neuro-fibrillaire. D’autres composés de l’eau de boisson comme le cadmium et le zinc pourraient aussi avoir un impact sur le vieillissement cognitif.

Certains résultats de l’étude PAQUID suggèrent que la relation entre aluminium et risque de déclin cognitif est influencée par le pH et la concentration en silice de l’eau. Une quantité élevée d’aluminium pourrait ainsi être associée à une majoration du risque d’atteinte cognitive quand la concentration de silice et le pH sont bas. Inversement, quand ils sont élevés, une concentration haute d’aluminium serait associée à un faible risque de maladie d’Alzheimer. Le risque de développer une maladie d’Alzheimer serait deux fois plus important pour des sujets exposés à une concentration d’aluminium ≥ 0,1 mg/l dans l’eau de boisson.

Une nouvelle étude française s’est penchée sur la relation entre la composition de l’eau de boisson et les fonctions cognitives en utilisant les données de l’étude EPIDOS, cohorte nationale de 7598 femmes de plus de 75 ans. Etaient évaluées : les performances cognitives, la consommation d’eau du robinet et minérale et sa composition. Les données socio-démographiques étaient recueillies ainsi que le degré d’autonomie pour les actes de la vie quotidienne. Puis un suivi prospectif sur un sous-groupe de 742 femmes a permis d’évaluer l’incidence de la maladie d’Alzheimer et le lien avec la composition de l’eau de boisson.

La composition de l’eau du robinet était variable selon les villes. Les apports en silice et en calcium étaient surtout fournis par l’eau minérale. L’eau du robinet était la seule source dans 48,1 % des cas, 31,3 % des sujets ne buvaient que de l’eau minérale et 20 % buvaient des deux. Il existait aussi une variation géographique dans la consommation d’eau minérale. Les femmes qui avaient un bon score cognitif à la 1ère évaluation avaient une consommation d’eau journalière et de silice élevée quel que soit le type d’eau bue. Il n’y avait pas de différence entre les apports quotidiens en aluminium et en calcium entre les femmes avec statut cognitif normal ou altéré. Après ajustement, les auteurs retrouvaient une association positive entre la consommation de silice journalière et les performances cognitives.

Dans la deuxième partie de l’étude, les femmes qui avaient développé une maladie d’Alzheimer étaient légèrement plus âgées que les autres : 81,1 ± 4,3 ans versus 79,2 ± 3,3 ans. Elles avaient aussi un niveau d’éducation plus bas, de plus faibles revenus et des difficultés pour les actes de la vie quotidienne. Leur consommation d’eau journalière était la même mais leurs apports en silice et en calcium diminuaient pendant le suivi avec une consommation initiale plus basse en silice. Il n’y avait pas de différence pour les apports en aluminium. Après ajustement, on retrouvait une association positive entre une faible consommation en silice et le risque de maladie d’Alzheimer.

L’aluminium a un effet toxique à pH acide, il diminue le métabolisme et la réplication cellulaire. On sait que la silice est un « antidote » naturel de l’aluminium. On observe la formation d’un complexe moins absorbé au niveau intestinal avec une élimination urinaire importante. L’aluminium aurait un rôle dans la formation des plaques séniles en altérant la structure des peptides β amyloïdes, ce qui provoquerait leur agrégation. On pourrait imaginer que la formation du complexe aluminium/silice préviendrait les effets délétères de l’aluminium observés dans la maladie d’Alzheimer. Il s’agit là sans nul doute d’une voie thérapeutique à approfondir.
Publié en Septembre 2005
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Gillette-Guyonnet S, Andrieu S, Nourhashemi F, La Guéronnière V, Grandjean H, Vellas B. Cognitive impairment and composition of drinking water in women : findings of the EPIDOS study. Am J Clin Nutr. 2005;81:897-902.