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image description Un accident vasculaire cérébral peut-il résulter d’une histoire de dépression ?

La dépression est une maladie largement répandue dans le monde, avec des conséquences majeures en termes de santé publique. La dépression est associée à une augmentation du risque de diverses maladies chroniques comme l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies coronariennes. Au cours des 20 dernières années, plusieurs études ont montré que la dépression pouvait favoriser la survenue d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cependant, les résultats de ces travaux apparaissent assez hétérogènes et ne tiennent pas compte du sexe bien que la prévalence de la dépression soit plus élevée chez la femme. De plus, il n’était généralement pas envisagé que la dépression puisse être la conséquence et non la cause de l’AVC.

Pour clarifier cette situation, une méta-analyse appliquée aux données de 17 articles publiés entre 1994 et 2010 a été réalisée. Dix études avaient été faites aux Etats-Unis, 6 en Europe et 1 au Japon. La durée du suivi variait entre 3 et 29 ans, la durée moyenne étant de 8 ans. Quatorze de ces études concernaient tant les hommes que les femmes. Le nombre total de personnes examinées était de 206 641, avec des tailles de cohorte allant de 494 à 93 676 participants. Au total, 6 086 AVC inauguraux ont été diagnostiqués. Pour la majorité de ces études, le degré de dépression avait été établi selon l’échelle de dépression du centre d’études épidémiologiques (CESD scale).

L’analyse statistique a confirmé l’existence d’une corrélation positive entre la présence d’une dépression et le risque d’AVC (risque relatif = 1,34 ; IC à 95% : 1,17-1,54), après ajustement sur les paramètres pris en compte (masse corporelle, tabagisme, hypertension artérielle, diabète, niveau de formation,…). Cette corrélation était la même pour les hommes et les femmes, même si la fréquence de la dépression est plus élevée chez ces dernières. Le risque relatif était toutefois un peu plus faible pour les études faites aux Etats-Unis (1,28 ; IC à 95% : 1,12-1,47) que pour celles faites en Europe (1,47 ; IC à 95% : 0,97-2,24).

Cette méta-analyse confirme l’existence d’une association entre la présence d’un syndrome dépressif et un risque d’AVC, avec une majoration de 34% chez les personnes dépressives, indépendamment des autres facteurs de risque. Toutefois, une relation causale formelle reste à démontrer, même si les études retenues concernaient essentiellement des patients sans antécédent d’AVC. Les mécanismes à l’origine de cette association entre dépression et AVC sont probablement multifactoriels, les personnes dépressives ayant en général un mode de vie favorisant les risques pour la santé.

Publié en Février 2012
Auteur : Ph. van den Bosch de Aguilar - Université Catholique de Louvain,  Louvain-la-Neuve
Références : Dong J-Y, Zhang Y-H, Tong J, Qin L-Q. Depression and risk of stroke: a meta-analysis of prospective studies. Stroke. 2012;43:32-37.