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image description Une mauvaise qualité du sommeil, chez les hommes ou chez les femmes, entraîne une détérioration de l’état de santé du conjoint
Les troubles du sommeil sont courants chez les sujets âgés qui se plaignent le plus souvent d’un décalage de phase dans la soirée, d’une latence d’endormissement trop longue, d’un sommeil agité, d’insomnies fréquentes et de réveils précoces. A cela s’ajoutent des maladies dont l’incidence augmente avec l’âge comme le syndrome d’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos ou plus simplement des douleurs chroniques qui toutes peuvent nuire au sommeil. En général, ces affections touchent plus les femmes que les hommes et se traduisent volontiers par des prises d’hypnotiques plus fréquentes que dans l’ensemble de la population.

Un grand nombre de personnes dormant à côté du conjoint, la question du retentissement des troubles du sommeil d’un individu sur la santé de son partenaire se pose. Cette interaction est probable, en l’absence de trouble du sommeil, entre les courts dormeurs et les longs dormeurs, ou entre les personnes « du soir » et celles « du matin », ou encore lorsqu’un des deux partenaires ronfle. Cet impact a été évalué par une équipe californienne à partir de la cohorte de l’Alameda County Study composée de 6928 personnes recrutées en 1965. A la suite des décès, déménagements, séparations ou diverses autres raisons, le nombre de couples en 1999 était de 405. Ces 910 participants étaient alors âgés de 51 à 95 ans, soit en moyenne 70 ans pour les hommes et 68 ans pour les femmes. Ils étaient tous mariés depuis 35 ans ou plus.

La première question qui leur était posée concernait la fréquence, durant les 4 dernières semaines, des trois principaux troubles du sommeil suivant : - la difficulté à s’endormir ; - se réveiller au milieu de la nuit et se rendormir difficilement ; - se réveiller tôt le matin. Pour les hommes comme pour les femmes, moins d’un quart des participants seulement disaient ne souffrir d’aucune de ces trois perturbations du sommeil dans le mois écoulé. Parmi les paramètres caractérisant la santé physique, ont été retenus comme critères le tonus personnel, la sensation de bien-être et l’incapacité, avec une échelle d’intensité pour chaque item. La santé mentale était évaluée par un questionnaire sur l’humeur et l’appréciation personnelle des performances intellectuelles. L’isolement social et la qualité des relations avec les autres étaient également notés.

Lorsqu’un des conjoints présentait des troubles du sommeil, l’autre montrait une dégradation de sa santé physique ou mentale, du sentiment de bien-être, de sa vie sociale, de l’entente conjugale. La tristesse, l’humeur dépressive et le pessimisme étaient aussi le lot de ces conjoints. Lorsque les propres troubles du sommeil des deux partenaires étaient aussi pris en considération, ces associations étaient inchangées à l’exception de la bonne entente conjugale. Ces interactions étaient indépendantes du sexe du mauvais dormeur et touchaient aussi bien les femmes que les hommes. Pour chaque incrément d’un point dans l’échelle des troubles du sommeil, la probabilité de présenter une altération du niveau de santé ou de la qualité de vie augmentait de 15% chez le conjoint.

Si ces associations sont bien statistiquement significatives, les auteurs insistent sur le fait qu’aucune relation directe de cause à effet n’a pu être prouvée dans cette étude. C’est souvent le cas dans les études transversales, et seul un suivi dans le temps permettrait de déterminer précisément le moment où apparaissent les modifications du comportement par rapport aux troubles du sommeil du conjoint. Quoi qu’il en soit, ce travail montre l’importance de traiter les perturbations du sommeil liées à l’âge, pour l’individu lui-même, mais aussi pour le bien-être de son conjoint.
Associations entre troubles du sommeil et état de santé du conjoint
  Odds ratio Intervalle de confiance à 95%
Baisse d’énergie 1,28 1,17-1,41
Humeur dépressive 1,21 1,09-1,35
Isolement social 1,16 1,05-1,28
Mésentente conjugale 1,12 1,02-1,23
Publié en Juillet 2004
Auteur : B. Corman - , 
Références : Strawbridge WJ, Shema SJ, Roberts RE. Impact of spouses' sleep problems on partners. Sleep. 2004; 27: 527-31.