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image description Une mobilisation précoce lors d’une hospitalisation permet de limiter le risque de dépendance.

Un séjour hospitalier s’accompagne fréquemment d’une perte des capacités fonctionnelles dont les facteurs de risque ont été largement explorés. Néanmoins, les bénéfices de différents niveaux de mobilisation lors d’une hospitalisation sur la préservation de la mobilité sur le long terme, en tenant compte des capacités fonctionnelles avant l’entrée dans l’établissement, n’ont été que peu explorés. C’est dans ce but qu’une étude prospective a été réalisée sur 525 patients de plus de 70 ans (âge moyen 79 ans) admis en soins aigus entre février et novembre 2009 dans un grand centre hospitalo-universitaire israélien. Ces malades ont ensuite été suivis jusqu’à 1 mois après leur sortie. Tous les patients admis pour un AVC, qui étaient sous ventilation mécanique, dans un état comateux, ou qui étaient totalement dépendants, n’étaient pas éligibles pour cette étude. Les malades ou leurs proches étaient interrogés dans les 48 heures suivant leur admission afin de déterminer quel était leur statut fonctionnel environ 2 semaines avant leur admission ainsi qu’au moment de leur hospitalisation. Leurs diverses activités au cours du mois écoulé étaient également renseignées. Leur mobilité en cours d’hospitalisation était aussi évaluée quotidiennement ainsi que lors de leur sortie de l’hôpital. Leurs aptitudes pour effectuer les activités de la vie quotidienne (ADL) étaient ensuite évaluées 1 mois plus tard par téléphone. En moyenne, les patients présentaient peu de difficultés avant ou lors de leur hospitalisation, avec des scores de Barthel respectifs de 87 ± 21 et 75 ± 30. La durée moyenne de séjour avait été de 7,5 jours. Lors de leur sortie, 46% montraient un déclin au niveau des ADL et, à un mois, 49% et 57% présentaient un déficit aux ADL et aux IADL, respectivement. Ceux qui avaient été les moins mobiles pendant leur hospitalisation étaient particulièrement à risque de perte de mobilité à la sortie (86%) et à 1 mois (73%). Même chez les personnes qui n’avaient aucune altération fonctionnelle en début de séjour, le risque de déclin pour les ADL était multiplié par 6 chez celles qui étaient restées alitées ou en fauteuil pendant toute leur hospitalisation, comparées à celles qui avaient fait au moins une marche quotidienne en dehors de leur chambre. Pour l’ensemble de la cohorte, ce risque était multiplié par 18 pour les patients qui avaient été les moins mobilisés, valeur qui diminuait en fonction du niveau de mobilité lors du séjour hospitalier. Ces données confirment bien les effets délétères de l’immobilité sur l’accélération du déclin fonctionnel après une hospitalisation, ainsi que sur la récupération, en particulier sur le court terme. De plus, cette étude montre bien que les effets bénéfiques de la mobilisation au cours d’un séjour hospitalier sont proportionnels au niveau d’activité.

 

Niveau de mobilisation lors du séjour hospitalier

Déclin du score ADL à la sortie de l’hôpital vs 2 semaines avant admission (n=525)

Déclin du score ADL 1 mois après sortie vs 2 semaines avant admission (n=431)

Déclin du score IADL 1 mois après sortie vs 2 semaines avant admission (n=426)

Elevé

1

1

1

Moyen

4,09 (2,27-7,37)

2,11 (1,07-4,15)

1,97 (0,93-4,15)

Faible

18,03 (7,68-42,28)

4,72 (1,98-11,28)

2,00 (1,05-3,78)

Risque de déclin fonctionnel en fonction du niveau de mobilisation lors de l’hospitalisation (odds ratio et intervalles de confiance à 95%). Niveau élevé : sortie quotidienne en dehors de la chambre et activités dans la chambre ; niveau modéré : marche dans la chambre seulement ; niveau faible : sujet alité ou transfert en fauteuil moins de 3 fois par jour. ADL : activités de la vie quotidienne ; IADL : activités instrumentales de la vie quotidienne.

Publié en Mars 2011
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Zisberg A, Shadmi E, Sinoff G, Gur-Yaish N, Srulovici E, Admi H. Low mobility during hospitalization and functional decline in older adults. J Am Geriatr Soc. 2011;59:266-273.