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image description Une nature optimiste protègerait-elle du risque de mortalité cardio-vasculaire ?
Plusieurs études ont suggéré que l’optimisme était un facteur prédictif de bien être et de bonne santé physique. De même, il serait associé à une meilleure santé chez des sujets ayant déjà une cardiopathie ischémique avec diminution du risque de mortalité toute cause confondue et de la morbi-mortalité cardiovasculaire. Les auteurs de cette étude prospective sur 15 ans, d’une cohorte d’homme néerlandais, ont voulu savoir si l’optimisme était un trait de caractère stable dans le temps et s’il était lié avec la mortalité cardio-vasculaire.

Les informations sur le statut socio-démographique, les facteurs de risque cardio-vasculaires, les traitements, étaient obtenues auprès du médecin traitant et lors des hospitalisations. Les causes de décès étaient recueillies sur le registre des décès du pays. Un questionnaire comprenant quatre items évaluait l’optimisme et permettait d’établir un score. La dépression était détectée par une échelle spécifique. Ainsi, 545 hommes indemnes de toute pathologie cardio-vasculaire et de cancer ont été inclus. L’âge moyen était de 72 ± 5 ans, 55 % des hommes s’estimaient en bonne santé, 86 % vivaient en couple et 68 % avaient un niveau d’éducation moyen.

Le score d’optimisme était plus élevé chez les hommes les plus jeunes, non dépressifs, se sentant en bonne santé, ayant un niveau d’activité physique important, vivant souvent en couple et avec un haut niveau d’éducation. Le score moyen d’optimisme diminuait sur les quinze années mais chez ceux ayant un score le plus élevé, ce dernier restait relativement stable dans le temps. Durant la période de suivi, 68 % des sujets sont décédés dont 50 % de causes cardio-vasculaires. Ceux ayant un faible niveau d’optimisme avaient un taux de mortalité cardio-vasculaire significativement plus élevé que les autres.

Des études récentes ont effectivement confirmé que les sujets âgés qui avaient une vision positive de la vie avaient des taux plus élevés de survie que les autres. A l’inverse, le désespoir ou le manque d’optimisme majorait le risque de maladies cardio-vasculaires et la progression de l’athérosclérose. Il semblerait que cette disposition « optimiste » ne soit pas influencée par l’annonce de bonnes ou de mauvaises nouvelles et qu’elle change peu dans le temps. Il s’agirait d’un trait de personnalité plutôt stable avec l’âge. L’optimisme serait lié à un meilleur comportement d’adaptation face au stress, à une meilleure vitalité et flexibilité émotionnelle. Ce sont également des individus qui ont un plus grand support social, qui sont plus compliants au traitement et qui ont une plus grande activité physique. Bien sûr l’optimisme seul ne permet pas de lutter contre les maladies cardio-vasculaires, mais il contribue sensiblement à leur évolution.
Publié en Avril 2006
Auteur : N. Faucher - , 
Références : Giltay EJ, Kamphuis MH, Kalmijn S, Zitman FG, Kromhout D. Dispositional optimism and the risk of cardiovascular death. The Zutphen elderly study. Arch Intern Med. 2006;166: 431-436.