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image description Une prise en charge coordonnée des personnes présentant une maladie d’Alzheimer en ville est efficace
La prise en charge de la maladie d’Alzheimer est réalisée principalement en ville par les médecins généralistes. Cette pathologie soulève des difficultés tant sur le plan des troubles du comportement associés, que du lourd fardeau des aidants mais aussi en ce qui concerne l’efficacité des thérapeutiques pour lesquelles des doutes subsistent. C’est pourquoi, un certain nombre d’interventions ont été élaborées pour améliorer la prise en charge de ces patients au domicile bien qu’aucune d’entre elles n’ait encore pu être véritablement testée. Ces interventions reposent surtout sur la présence d’une équipe de coordination avec un gestionnaire de cas (en soin infirmier) et le médecin généraliste coordonnant une prise en charge globale médico-psycho-sociale et continue. L’objectif est d’introduire aussi des traitements anticholinestérasiques et de favoriser les démarches non médicamenteuses pour les troubles cognitifs avec la mise en place de formations adaptées pour les patients et les aidants.

L’objectif de cette étude était de tester l’efficacité de ces interventions sur le comportement (Neuropsychiatric Inventory test), la dépression (échelle de Cornell), les capacités dans les Activités de la Vie Quotidienne, l’état cognitif du patient et la charge de stress des aidants (échelle de dépression). La population de l’étude se composait de 153 patients âgés avec une maladie d’Alzheimer et leurs aidants, vivant au domicile dans 2 sites géographiques de la région d’Indianapolis (USA). La randomisation a été faite par les médecins traitants eux–mêmes pour diminuer le risque de biais et le suivi a été réalisé par téléphone tous les 6 mois pendant 18 mois à T0, 6, 12 et 18 mois.

L’intervention a regroupé 84 personnes et le groupe contrôle 69 personnes. Ce dernier a reçu une augmentation des soins déjà en place.

Les résultats montrent qu’il n’y avait pas de différence en terme de paramètres de santé ou de données socio-démographiques entre les 2 groupes. Dans le groupe intervention, une diminution des troubles du comportement et du stress apparaissait chez les aidants à 12 mois mais pas à 18 mois. Il y avait plus de visites du médecin et du gestionnaire de cas dans le groupe intervention mais il n’y avait pas de différence en ce qui concerne le nombre d’hospitalisations ou les entrées en institution entre les 2 groupes. Un plus grand nombre de patients ont été mis sous anticholinestérasiques et anti-dépresseurs dans le groupe intervention mais il n’y avait pas de différence en terme de prescription de neuroleptiques ou anxiolytiques.

La prise en charge globale et coordonnée sur la durée des patients au domicile avec une maladie d’Alzheimer est efficace sur les troubles du comportement et sur la charge des aidants sans augmentation de la prescription de neuroleptiques. Il s’agit d’une première étape dans l’évaluation de l’efficacité des services pour les personnes âgées et il serait important d’évaluer dans l’avenir des modèles de réorganisation des soins sur une durée plus longue.
Evolution relative des troubles du comportement et du niveau de stress chez les patients et les aidants au cours de l’étude
  Différence moyenne entre les 2 groupes p
Score au test NPI chez les patients (0-144)    
6 mois -1,1 0,6
12 mois -5,6 0,01
18 mois -5,4 0,01
Echelle de Cornell (0-38)    
6 mois -0,3 0,6
12 mois -1,0 0,2
18 mois -0,1 0,9
Niveau de dépression chez les aidants (0-60)    
6 mois -0,1 0,9
12 mois -2,2 0,03
18 mois -1,0 0,3
Publié en Juin 2006
Auteur : M. de Stampa - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Callahan CM, Boustani MA, Unverzagt FW, Austrom MG, Damush TM, Perkins AJ, Fultz BA, Hui SL, Counsell SR, Hendrie HC. Effectiveness of collaborative care for older adults with Alzheimer disease in primary care. A randomized controlled trial. JAMA,