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image description Une restriction calorique modérée et une augmentation de l’activité physique améliorent 2 marqueurs du vieillissement : l’insuline plasmatique à jeun et les lésions de l’ADN
Une enquête réalisée entre 2003 et 2004 aux Etats-Unis a montré que 66% des adultes et 17% des enfants sont en surpoids outre-atlantique. Une réduction de leurs apports caloriques semble être la solution la plus adéquate pour lutter contre ce facteur de vieillissement accéléré. La mise en application de cette recommandation est toujours difficile parce que l’on touche à des comportements personnels bien ancrés. D’autant qu’une diminution des apports énergétiques est souvent accompagnée d’une baisse du métabolisme de base, ce qui annule en partie les effets du régime amaigrissant. Il faudra alors réduire encore plus sa prise alimentaire pour obtenir une réduction conséquente de sa masse grasse. Un nouvel essai de restriction calorique chez des personnes en surpoids vient d’être réalisé aux Etats-Unis avec des mesures très complètes du métabolisme énergétique.

Les 48 participants étaient tous en bonne santé physique et mentale, mais en surpoids (IMC moyen 27,7). Il ont été séparés en 4 groupes de 12, avec chacun un régime spécifique à suivre pendant 6 mois. Aux membres du groupe témoin était octroyée une diète standard qui leur permettait de maintenir leur poids corporel. Dans le second groupe, les apports caloriques étaient réduits de 25% par rapport à leur niveau de base. Le troisième groupe se voyait proposer une réduction calorique de 12,5% et une augmentation des dépenses énergétiques de 12,5% par un programme d’exercice physique. Ce dernier comprenait une séquence de marche, de course et de vélo 5 jours par semaine, soit une dépense moyenne par session de 403 kcal pour les femmes et 569 kcal pour les hommes. Le quatrième groupe était soumis à une restriction calorique sévère (890 kcal/jour), jusqu'à ce que les participants aient perdu 15% de leur poids corporel. Une fois cet objectif atteint, généralement au bout de 8 semaines chez les hommes et 11 semaines chez les femmes, ils devaient suivre un régime qui les maintenait à ce nouveau poids. Tous les sujets étaient suivis individuellement et motivés par une réunion de groupe et un appel téléphonique chaque semaine. Les dépenses énergétiques totales étaient mesurées toutes les deux semaines par une technique isotopique.

Durant les 6 mois de l’étude, le poids des personnes appartenant au groupe témoin est resté stable. Celles qui ont été soumises à une restriction calorique de 25% ou de 12,5% avec augmentation de l’activité physique ont perdu 10% de leur poids corporel. Dans le quatrième groupe, fortement restreint, la perte de poids à 6 mois était de 14%. Cela correspondait à des réductions de masse grasse de 24 à 32% et de masse maigre de 3 à 6%. La concentration plasmatique d’insuline mesurée à jeun était abaissée dans les 3 groupes traités pour une glycémie comparable. Les dépenses énergétiques sur 24 h étaient diminuées par la restriction calorique alors que l’activité physique spontanée, hors entraînement, était inchangée. Corrélativement, les concentrations plasmatiques des hormones thyroïdiennes, thyroxine (T4) et triiodothyronine (T3), étaient abaissées chez les personnes en restriction. La température corporelle des sujets des groupes 2 et 3 était inférieure de 0,3°C par rapport à celle du groupe témoin. Les lésions de l’ADN des cellules sanguines étaient moindres chez les personnes soumises à une restriction calorique. En revanche ni la concentration plasmatique de DHEAS ni le taux de résidus carbonyl sur les protéines plasmatiques n’étaient modifiés à 6 mois dans aucun des groupes.

Ces données montrent qu’une restriction calorique pendant 6 mois chez des personnes en surpoids a des effets marqués sur le métabolisme de base, la température corporelle et le statut thyroïdien. A cette réduction de métabolisme correspond une amélioration des deux marqueurs de vieillissement que sont le taux d’insuline à jeun et les lésions de l’ADN.

Il est intéressant de noter que le même résultat peut être obtenu par une réduction calorique de 25% ou une réduction de 12,5% associée à une augmentation de l’activité physique. Cette seconde option est, à bien des égards, préférable. Elle permet en effet de maintenir sa masse musculaire, de bénéficier des bienfaits de l’exercice physique sur le système cardiovasculaire, l’humeur, le sommeil. Elle est probablement plus facile à tenir sur le long terme qu’une réduction de 25% de sa consommation de nourriture. Il reste à savoir si ces effets mesurés sur 6 mois perdureront et se traduiront, sur le long terme, par une réduction du risque de pathologie et une augmentation d’espérance de vie.
Effet de différentes conditions de restriction calorique sur les dépenses énergétiques journalières. * p < 0,01.
Groupes Avant le début du régime Après 6 mois de régime
Témoin 2129 kcal 2092 kcal
Restriction calorique de 25% 2079 kcal 1899 kcal *
Restriction calorique de 12,5%
+ activité physique soutenue
2106 kcal 1917 kcal *
Restriction calorique sévère 2085 kcal 1852 kcal *
Publié en Avril 2006
Auteur : B. Corman - , 
Références : Heilbronn LK, de Jonge L, Frisard MI et al, for the Pennington CALERIE Team. Effect of 6-month calorie restriction on biomarkers of longevity, metabolic adaptation, and oxidative stress in overweight individuals. A randomized controlled trial. JAMA